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Au coeur du jury Design avec Barbara Jacques

Barbara Jacques, directrice de création, design, de Cossette

Cannes - Après avoir été pratiquement cloîtrée pendant cinq jours parmi le jury Design, Barbara Jacques, directrice de création, design, de Cossette, raconte à Infopresse son expérience.

Comment avez-vous trouvé votre expérience au sein du jury?
Vraiment géniale. Lors de chaque concours auxquels j'ai participé en tant que membre d'un jury, j'en ai tiré des expériences formidables, et celle-ci a été particulièrement marquante. On le sait, ça va toujours vite au travail. Là, on se retrouve isolé pendant cinq jours à parler uniquement de design avec 19 autres personnes de partout. Avec des gens qui ont beaucoup de problématiques similaires aux nôtres, mais qui peuvent parfois les régler de façons différentes, et qui arrivent avec des styles de design assez variés. Cela permet de te remettre en question, de sortir de ta zone de confort et de voir les choses autrement.

Y régnait-il une bonne entente?
Tout à fait, même si l'on y retrouvait une pluralité de perspectives. Selon la composition des groupes, pendant les discussions, l'on observait des énergies complètement différentes. C'était fascinant à voir. Même si l'on est en mode de mondialisation, cela me conforte de constater que l'univers est encore composé, d'une certaine façon, de petits villages, puis que les façons d'être et de s'exprimer varient beaucoup d'un endroit à l'autre. Le jour où tout serait uniformisé serait le plus ennuyant jamais vu.

Quelle était votre ligne directrice au sein du jury?
Nous voulions des pièces actuelles, mais qui peuvent également vivre et avoir une certaine pérennité. Au-delà de tout ça, le président du jury a insisté sur le fait qu'il fallait que ce soit le meilleur design, et non de la pub, en laissant tout de même place à l'interprétation face à cette notion.

Après avoir scruté ce qui se faisait de mieux à l'international, que pensez-vous de votre industrie aujourd'hui?
C'est une industrie qui a longtemps été en parallèle avec celle de la pub et qui a assisté, entretemps, à la montée du numérique et qui s'est grandement diversifiée. Aujourd'hui, le design n'est plus ostracisé. Il est sorti de sa bulle. Même s'il s'allie encore souvent au monde de la pub, la dynamique a changé, et l'on reconnaît davantage sa valeur. Autant en art graphique, qu'en design industriel ou web, on se rend compte que quand c'est moche, c'est non seulement laid pour les yeux, mais ce n'est pas fonctionnel et ça n'amène à rien.

Même si une seule agence d'ici a remporté un prix, il y a eu plusieurs Québécois en shortlist cette année. Notre industrie se porte-t-elle bien par rapport à l'international?
Oui, absolument. On retrouve au Québec une volonté de ne pas seulement refaire ce qui a été fait, mais d'innover. Ainsi, notre design est très actuel, très frais. Même que selon moi, l'on y retrouve un détachement un peu plus avant-gardiste qu'ailleurs.

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