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Bientôt des noms de domaine en caractères chinois?

On peut désormais enregistrer n'importe quelle extension lors de la création d'un nom de domaine

À la suite de l'annonce d'hier par la Société pour l'attribution des noms de domaine et des numéros sur internet (Icann), Infopresse s'est entretenu avec des spécialistes du web pour connaître les conséquences de l'assouplissement du processus.

Selon, Damien Lefebvre, coprésident de l'agence W.ill.am, une des raisons ayant poussé l'Icann à agir, c'est qu'elle «veut vraiment continuer de développer les noms de domaine. Si elle va de l'avant avec cette ouverture, c'est qu'il y a des dollars en jeu.»

Pour les marques, c'est donc un dossier à suivre, estime Damien Lefebvre. «Elles ne doivent pas juste faire un dépôt, mais réfléchir aux noms qui connaîtront du succès en faisant une veille. Bref, il faut regarder ceux qui vont émerger et vérifier s'il y a une tendance pour pouvoir embarquer rapidement s'il y a lieu.»

«Il ne faut pas virer fou non plus, explique Damien Lefebvre. Une marque ne doit pas pour autant se dire qu'elle doit acheter tous les noms de domaine qui vont apparaître, ce n'est pas nécessaire. Mieux vaut attendre et voir ceux qui vont ressortir.»

En fait, «ce qui intéressant dans cette annonce, poursuit-il, c'est de voir que le centre de gravité d'internet se décale tranquillement de San Francisco vers la Chine. Les Chinois peuvent maintenant créer des noms de domaine pas en alphabet latin. Selon moi, c'est super important. Dans une stratégie de marketing pour une grosse organisation, ce fait sera à considérer. Puisque le marché chinois est important pour des entreprises canadiennes ou nord-américaines, les marques devront surveiller ce qui s'y passe.»

Pour sa part, Sébastien Provencher, entrepreneur web, n'a pas l'impression que le marché a demandé à l'Icann ces nouvelles extensions.

De plus, on peut penser qu'avec cette ouverture presque totale de l'Icann - il est possible aujourd'hui d'enregistrer n'importe quelle extension -, les détenteurs de marques, les grandes sociétés et les propriétaires de produits «devront dépenser des centaines de milliers de dollars pour enregistrer des noms sous des extensions parfois farfelues pour protéger leurs marques de commerce, soutient-il. Les consommateurs et les entreprises désirent-ils ce genre d'extension? Je l'ignore, mais c'est peut-être plutôt l'occasion pour les registraires de noms de faire de l'argent.»

D'après lui, même son de cloche «pour ce qui est des noms de domaine chinois: si ça marche, les marques de commerce n'auront pas le choix de les acheter. Je ne pense toutefois pas que ces nouveaux noms de domaine deviendrons aussi puissants que .com, .ca, .co ou .fr.»

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