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C2-MTL: la créativité au profit du changement social

Claire Diaz Ortiz, directrice de l'innovation sociale de Twitter; Tal Dehtiar, président et fondateur d'Oliberté Footwear; Olajide Williams, président et fondateur de Hip Hop Public Health.

Plusieurs experts internationaux étaient réunis hier sur la scène de C2-MTL, organisé par Sid Lee, afin d'échanger sur le rôle de la créativité dans le changement social et sur les défis auxquels ils ont fait face.

Voici un résumé des points marquants de la discussion entre Claire Diaz Ortiz, directrice de l'innovation sociale de Twitter, Tal Dehtiar, fondateur et président d'Oliberté Footwear, et Olajide Williams, fondateur et président de Hip Hop Public Health.

«La plupart des gens qui tentent d'aider un peu n'aident, au final, pas du tout. Les organismes sans but lucratif font sensiblement tous la même chose et n'aident pas à enrayer les problèmes à la base», a soutenu Tal Dehtiar, qui crée des possibilités d'emploi à long terme en Afrique grâce au secteur manufacturier. Au lieu de fournir des vivres et de l'aide humanitaire, il donne aux Éthiopiens un travail, un salaire juste et un pouvoir d'achat. Sa stratégie semble fonctionner: il compte créer plus d'un million d'emplois sur le continent d'ici 2025.

Pour sa part, détentrice d'une maîtrise en anthropologie, Claire Diaz Ortiz a joint Twitter en 2009 après un voyage de neuf mois qui l'a menée notamment au Kenya, où elle a fondé Hope Runs. Depuis, elle s'affaire à amplifier les efforts de communication des organismes sans but lucratif sur la plateforme. Son conseil pour changer les choses: «N'allez jamais en ligne droite. Allez dans toutes les directions possibles.»

Neurologue de profession, Olajide Williams est parti d'un simple constat: le secteur de la santé n'a jamais réussi à exploiter le potentiel de l'industrie du divertissement. Il a donc fondé Hip Hop Public Health afin de sensibiliser les jeunes de New York aux enjeux de santé les entourant par la musique, et s'associe, pour ce faire, à des noms tels que DMC, Doug E. Fresh et Easy A.D. Il a même poussé l'audace jusqu'à créer un conseil d'administration pour son organisation composé de jeunes de moins de 12 ans afin de s'assurer que ses efforts de communication soient en phase avec les attentes des jeunes.

Le point frappant qui ressort de la discussion reste cette phrase de Tal Dehtiar: «Ils (les OSBL) ne voient pas que les façons de faire les plus créatives et engageantes sont souvent directement devant eux.» Les trois entrepreneurs semblent avoir saisi toute l'importance de ce constat. Ils s'affairent maintenant à prouver le rôle crucial de la créativité au sein du changement social.

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