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Relations publiques: «Comment définir les RP d'aujourd'hui?»

Mélanie Joly, associée et directrice de Cohn & Wolfe

Chaque mois, Infopresse publie une chronique d'un membre de l'Alliance des cabinets de relations publiques du Québec; ce mois-ci, Mélanie Joly clarifie le terme de relations publiques dans le contexte actuel.

Parler de relations publiques... Le terme génère parfois un malaise. Comme si, aux yeux de plusieurs, les relations publiques étaient pratiquées encore comme au temps où les salles de presse étaient bondées de journalistes fougueux, cigarette au bec, prêts à démasquer un autre Watergate attendus par un régiment d'hommes à cravates. Or, ce temps est révolu, ou sur le point de l'être.

J'habite au centre-ville de Montréal. Depuis peu, j'entends les pales de l'hélicoptère tard dans la nuit. Très souvent, je me demande où se trouvent les étudiants. Je consulte fréquemment le #ggi sur Twitter afin d'être au courant à la seconde près de l'évolution de la manifestation. Quelques gazouillages plus tard, j'ai une bonne idée de ce qui se passe dans les rues de mon quartier et ailleurs en ville.

Bref, j'aime me faire ma propre idée sur ce qui se passe dans mon monde. Les histoires, je veux les entendre de ceux qui les vivent, je désire les comprendre par des experts que je choisis et je souhaite les échanger avec mes amis. Je n'ai pas besoin de filtres multiples. Je préfère la transparence. Je veux également avoir accès à la vérité. Consulter en ligne constitue dans mon cas l'une des meilleures façons d'y arriver. Je ne suis pas seule. Nous sommes des millions à agir de la sorte.

La notion de relations publiques rend donc mal à l'aise. En matière de perception populaire, elle fait référence à des faiseurs d'images, intéressés à ne présenter qu'un côté de la médaille à des médias sceptiques. Or, avec la multitude de réseaux et de plateformes, il est impossible de penser qu'une entreprise, un groupe ou un syndicat arrivera à transmettre seulement l'information désirée, sans questionnement.

Les médias sont certes importants, mais on le constate avec les manifestations étudiantes, ils se font damer le pion par les communautés en ligne. Ce nouveau quatrième pouvoir doit être au coeur de la façon de communiquer. Toute organisation doit être à l'écoute de ce qui se dit à son sujet. Peu importe le thème abordé, elle doit également communiquer auprès de son public qu'elle le désire ou non. En effet, toute absence d'information ira à l'encontre de la sacrosainte transparence, et l'information biaisée violera le principe fondamental de vérité si cher au grand public.

Bref, travailler aujourd'hui en communication, c'est comprendre les médias, mais c'est d'autant plus comprendre le monde dans lequel on vit et comment les individus interagissent. Les professionnels du domaine doivent désormais connaitre le langage web, voire comprendre les rudiments de sa programmation. Ils pourront dès lors mieux conseiller leurs équipes sur la façon de gérer les enjeux et présenter leur point de vue. En somme, c'est peut-être ça notre nouveau rôle: saisir les tendances, comprendre les plateformes, connaître les réseaux et communiquer à tous les niveaux. Tout simplement.
    
Et voici les pales de l'hélicoptère qui continuent de se faire entendre...

Mélanie Joly est associée et directrice de Cohn & Wolfe.

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