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Facebook/Instagram: les réactions des experts

Lundi dernier, Facebook annonçait l'achat de l'application d'Instagram pour un milliard$; Infopresse s'est entretenu avec trois spécialistes à ce sujet.

Instagram, une application gratuite qui permet aux utilisateurs de partager leur quotidien en photos, a été créée en octobre 2010 par Kevin Systrom et Mike Krieger. Après moins de deux ans, la plateforme gérée par une quinzaine d'employés compte plus de 30 millions d'utilisateurs.

Pour Gaëtan Namouric, vice-président exécutif et directeur de création de Bleublancrouge, la nouvelle comporte trois volets: «Tout d'abord, l'acquisition est une poursuite de Facebook dans les rachats d'entreprises dans son domaine. Ensuite, le prix est absolument démesuré. Je me demande si nous n'assistons pas à une bulle spéculative, puisqu'il y est une difficile d'évaluer une société qui n'enregistre pas de revenus. L'application est gratuite et n'affiche aucune publicité. Facebook doit y voir une valeur commerciale, surtout avec l'information personnelle que possède Instagram. Le contenu des photos va permettre d'établir une valeur à un auditoire.»  

De son côté, Guillaume Brunet voit cette transaction d'un bon oeil pour Facebook. «Ça fait plus d'un an qu'on parle de l'intégration du social, du local et de la mobilité: le solomo. On s'aperçoit que cette intégration passe beaucoup par la photo, et Instagram est une machine à distribuer des photos. Avec des millions d'entre elles par jour, les utilisateurs partagent une foule de renseignements. En ce moment, Facebook réalise beaucoup d'acquisitions pour occuper le marché, ce qui explique le prix payé. L'organisation veut rester chef de file dans les médias sociaux», souligne l'associé de Substance stratégies et spécialiste en marketing numérique.

«Il faut comprendre qu'Instagram est l'application de partage d'images la plus importante. Ce ne sont pas que les fonctionnalités, mais tout le réseau social que Facebook achète. Plusieurs raisons expliquent la dépense d'un milliard$, comme l'entrée boursière prochaine de l'entreprise et l'accès aux moins de 13 ans, ce qui n'est pas le cas actuellement avec sa plateforme. L'entreprise veut monétiser son expérience sur appareils mobiles, ce qu'elle n'arrive pas à faire avec sa propre application», explique Jean-Sébastien Giroux, directeur groupe, stratège médias sociaux, de Cossette.

L'accès à toute cette information personnelle reste par contre, matière à discussion. «On assiste à une sorte de scénarisation du marché. Google se spécialise pour le moteur de recherche, et Facebook sur l'information personnelle. Les questions qui se poseront à l'avenir concernent la valeur et la légalité de la vie privée. On entre assurément dans un air de commercialisation de notre vie privée», ajoute Gaëtan Namouric.

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