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Créa: un président et sa vision

Pascal De Decker, président du jury Créa 2012 et vice-président et directeur de création de Palm+Havas

Entrevue avec Pascal De Decker, président du jury Créa 2012 et vice-président et directeur de création de Palm+Havas.

Vos attentes étaient claires lorsque vous avez été nommé à la tête du jury Créa, et vous avez insisté sur la transparence lors de la sélection du palmarès. Êtes-vous satisfait de votre travail «anti bullshit»?
Cette approche n'était pas en réaction aux jurys des concours précédents, c'était plutôt un axe que j'ai décidé de prendre. Un concours de création est très subjectif. Donc, les résultats ne plairont pas à tout le monde. Je désirais ainsi m'assurer, pour éviter les frustrations, que les pièces jugées étaient de vraies idées pour de réels annonceurs. Les membres du jury ont bien accompli leur travail et ont été intransigeants envers les pièces fantômes. Nous n'avons pas eu peur de demander des preuves de publication même si cela a pu choquer certaines agences. J'ai siégé au sein de plusieurs jurys et je suis satisfait de celui-ci. Ses membres ont été honnêtes et n'ont pas hésité à laisser passer les pièces de leur agence.

Quels étaient les critères pour gagner un Grand Prix?
À pièces égales, le jury a récompensé celles qui relevaient un défi créatif plus complexe, plutôt qu'une diffusion unique. Ces créations n'hésitent pas à élever la barre et elles font bouger la marque. Les prix accordés à Sid Lee et à Vidéotron en sont un exemple.

Parlant de Sid Lee et de Vidéotron, comment définiriez-vous le Grand Créa 2012 en trois mots?
«Vrai», «courageux», «simple». Il est très difficile de faire changer un gros annonceur. Un peu comme Familiprix par le passé, Vidéotron fait bouger la création publicitaire dans son industrie. L'entreprise a osé se réinventer et confier la marque à un humoriste comme Sugar Sammy. Cela donne des messages qu'on a envie de voir et de revoir même si l'on y parle de réductions sur les interurbains ou d'installation internet.

Quelle catégorie vous a étonné et laquelle vous a déçu?
La créativité média a été très forte cette année. Nous avons vu et récompensé plusieurs bonnes idées intégrées dans des campagnes, plutôt que des coups isolés. Parmi les catégories plus endormies, il y a bien entendu la radio. C'est un peu l'enfant pauvre. Si nous arrivons à concevoir de bonnes pubs télévisées pour de grandes marques, il n'y a aucune raison pour ne pas sortir de bonnes créations en radio.

Quel message l'édition 2012 du concours Créa envoie-t-elle à l'industrie?
Tous les acteurs de l'industrie, incluant moi-même et les autres membres du jury, doivent se bouger le derrière, car pour l'instant, il y a un monopole de la création entre quelques agences. Nous voulons envoyer le message qu'il est possible de faire de la bonne création pour de gros annonceurs, et que pour y arriver, il faut travailler et ne pas lâcher.

Cliquez ici pour accéder au site des résultats.

Le concours Créa, organisé par les Éditions Infopresse, en association avec l'AAPQ, est une présentation de Quebecor, en collaboration avec Astral Affichage et Les Enfants, et avec la participation de Côté Nord Tremblant, Société Perrier et Vision Globale.

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