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La télé est morte, vive la télé

Plusieurs spécialistes québécois et internationaux ont partagé hier à Montréal leur regard sur les tendances en matière de télévision: la télé est désormais bien plus qu'un objet.

«La télé est morte», a déclaré Rick Seifeddine, premier vice-président, gestion de la marque, de Bell, à propos de la télé en tant qu'objet lors de son allocution à la Journée Infopresse organisée hier sous le thème «Télévision: quel avenir pour la télé?». «En fait, ce n'est qu'un autre écran dans la collection de ceux qui s'offrent maintenant aux consommateurs, a-t-il précisé en faisant référence, entre autres, aux tablettes et aux téléphones intelligents. Je peux aujourd'hui entamer un film dans l'avion avec mon iPad et, arrivé chez moi, le poursuivre comme si de rien n'était sur ma télévision grâce à Apple TV. Il s'agit d'une nouvelle ère, et il faut s'ajuster rapidement, bien que nous devions naviguer dans beaucoup d'inconnu.»

L'univers de la télé a connu de véritables bouleversements ces dernières années. Il y a évidemment le web, qui offre une source majeure de contenu et où plus de 800 millions de vidéos sont vues chaque mois sur YouTube. Sans oublier les télévisions connectées, mais surtout, comme le soulignait Rick Seifeddine, la multiplication des appareils connectés. En plus des ordinateurs personnels, dont l'adoption avoisine 95%, comScore révélait la semaine dernière que le taux de pénétration des téléphones intelligents au Canada était maintenant de 45% et que 10,3% des détenteurs de ces appareils possédaient également une tablette. Selon Juan Wee, chef de la stratégie et du développement d'affaires de Samsung Electronics, «d'ici 2015, on devrait retrouver en moyenne 10 appareils connectés par foyer».

Ce sont autant de moyens de consommer du contenu vidéo, mais aussi un amalgame de supports complémentaires à l'écoute de la télévision traditionnelle. Joëlle Stemp, présidente de Yucentrik, a d'ailleurs révélé que 38% des gens s'adonnaient à une autre activité lorsqu'ils visionnaient la télévision. Mathieu Roy, associé, vice-président et directeur général de Lg2, a pour sa part ajouté que 28% veulent utiliser un deuxième écran. «Les médias ont accéléré des comportements déjà présents pour l'homme, dont le besoin de sociabiliser, converser, partager, jouer. On doit se servir de ces connaissances pour développer de nouvelles stratégies. Cela dit, personne ne sait exactement comment les choses se passeront, et il faut avoir le courage d'oser et de tenter de nouvelles choses.»

«Plus que jamais, nous sommes confrontés au défi de capter l'attention du public, alors que celle-ci est de plus en plus diluée par l'abondance de contenus et par différents dispositifs, indique Beth Uyenco, directrice mondiale de la recherche de Microsoft Advertising. Chaque écran a ses propres attributs, et il faut mieux les comprendre pour concevoir du contenu créatif qui touchera le consommateur dans chaque contexte.»

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