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Arianna Huffington : « Un prolongement des médias sociaux »

Arianna Huffington, fondatrice, présidente et rédactrice en chef du journal en ligne « Huffington Post »

Lancée hier, la version québécoise du Huffington Post soulève de nombreuses questions dans l'industrie; entrevue avec Arianna Huffington lors de sa visite marathon à Montréal.

À l'image de sa publication, qui prône la transparence, l'engagement et l'interactivité, Arianna Huffington a profité de son passage à Montréal pour rencontrer les médias afin de discuter ouvertement de l'arrivée de ce joueur dans le paysage médiatique québécois.    

Qu'est-ce qui a motivé le lancement d'Huffington Post Québec?
Huffington Post Canada a été notre première édition à l'international, et l'aventure connaît un franc succès. Or, il fallait compléter ce que nous avions entrepris. La seule façon dont nous pouvons offrir une couverture adéquate du Canada est de rendre compte de sa diversité, du caractère distinct du Québec. Huffington Post Québec allait de soit.  

Huffington Post France a pour sa part été lancé à la fin de janvier. Cela a-t-il pu vous aider pour le lancement de l'édition québécoise?
L'édition française a été une bonne préparation pour Huffington Post Québec. D'abord, tout ce que nous offrons devait être traduit, ce qui, mine de rien, a constitué un travail énorme. Puis, ayant instauré de nouveaux mécanismes de traduction facilitera le partage de contenu dans tout le réseau, sans compter que Huffington Post Québec pourra tirer du contenu de l'édition française, tout en l'ajustant aux sensibilités québécoises. D'ailleurs, il s'agit d'une priorité de nous assurer de toujours rester au diapason des cultures locales. En nous exportant, nous amenons notre technologie et la combinaison qui caractérise Huffington Post, mais nous faisons appel à des équipes locales pour que chaque version ait sa propre saveur. Nous avons une excellente équipe en France, menée par Anne Sinclair et Paul Ackermann, et nous sommes également enthousiastes avec notre équipe au Québec, pilotée par Patrick White.

Huffington Post France a été lancé en collaboration avec Le Monde, le lancement en Espagne, prévu en mars, se déroulera en partenariat avec El Pais, puis celui prévu en avril pour l'Italie se fera avec L'Espresso. Pourquoi avez-vous fonctionné autrement au Canada?
La réponse est simple : l'équipe d'AOL compte sur une forte expertise en matière de contenu et peut nous épauler adéquatement dans notre cheminement. Nous n'avons donc pas cherché à trouver d'autres partenaires. 

Les critiques sont nombreuses par rapport à la façon d'agir d'Huffington Post. Qu'avez-vous à répondre à vos détracteurs? 
Huffington Post est un hybride. C'est une entreprise journalistique qui compte une équipe de plus de 1500 professionnels contribuant à produire de l'information exclusive. Puis, c'est une plateforme qui offre la distribution de contenu à des individus ayant des propos de qualité à partager. Il s'agit donc d'un échange. Nos blogueurs nous proposent du contenu gratuitement, nous leur offrons une plateforme de distribution, laquelle compte sur une communauté très engagée et où les contenus sont modérés pour qu'il n'y ait pas de troll ou de propos injurieux. Cela dit, un travail d'éducation reste à faire. Les gens s'offusquent que les blogueurs ne soient pas payés, mais il faut voir qu'ils travaillent sur une base volontaire. On tweete constamment sur Twitter et l'on diffuse du contenu gratuitement sur Facebook, deux entreprises privées qui enregistrent des profits. On peut donc considérer que la plateforme Huffington Post est une sorte de grand prolongement des médias sociaux, mais qui a un guide de conduite clair et rigoureux avec ses collaborateurs. Le contenu doit être diffusé en toute transparence, en plus de rester factuel et de qualité.    

Par ailleurs, l'effet Huffington Post se fait grandement ressentir, même au Québec où Voir et Le Journal de Montréal ont respectivement annoncé de nouvelles collaborations avec des blogueurs. Comment Huffington Post peut-il rester compétitif tout en conservant son unicité?
Avec la fusion avec AOL, nous avons obtenu les ressources nécessaires pour accélérer notre croissance. Depuis, nous sommes passés de 23 à 44 sections, et nous couvrons pratiquement tous les champs qui touchent les passions et intérêts des gens. Là où nous disposons d'un avantage sur les autres publications, c'est que plusieurs sujets dont nous traitons, comme la santé ou le sommeil, sont des thèmes universels qui peuvent être traduits dans différentes langues et qui serviront dans le réseau Huffington Post, en pleine expansion. Cela dit, nous ne cherchons pas la compétition, même que nous partageons des liens des autres publications qui redirigent nos visiteurs vers celles-ci. Nous sommes plutôt à l'ère de la collaboration et notre but ultime reste d'ajouter une valeur ajoutée à la vie des gens.

Qu'est-ce qui s'en vient pour Huffington Post?
Nous lançons un réseau de diffusion de vidéos en flux continu, mais la priorité est de continuer la croissance de notre réseau à l'international. La population dans le monde est de plus en plus connectée et nous sentons le besoin de répondre à son besoin d'information. Nous arriverons prochainement en Espagne et en Italie, mais nous discutons également pour établir des partenariats en Grèce, au Brésil, au Japon et ailleurs.

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