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Les deux plus hautes distinctions du concours Grafika 2012 ont séduit le jury par leur côté innovateur. Marie-Hélène Trottier, présidente du jury de cette 15e édition, revient sur les délibérations.

Votre mot d'ordre cette année était l'innovation. Pourquoi?
Parce que pour moi, ça reste le plus grand défi en création. Faire du beau est relativement facile, mais faire du nouveau est extrêmement exigeant, surtout dans le contexte économique actuel. Il faut faire preuve de beaucoup d'ingéniosité et de créativité pour « trouver » de nouvelles choses. J'ai énormément d'admiration pour ceux qui se renouvellent constamment, qui cherchent, qui essaient, même quand ce n'est pas parfait, parce que ça prouve que, au moins, ils n'utilisent pas de recettes. J'avais envie de mettre ces gens et ces projets en lumière. Donc, j'ai demandé aux membres du jury de ranger leur loupe dans leur poche et de prendre du recul pour regarder les pièces avec leur coeur. Qu'est-ce qui nous fait du bien, nous fait sourire, nous surprend et, surtout, nous inspire?

Est-ce sur la base de ce critère que le jury a désigné le Grand Prix 2012?
Absolument. Mutek est un projet exceptionnel qui a dû demander énormément d'énergie à l'équipe de Baillat Cardell & Fils. C'est un projet multidisciplinaire, mais aussi multisensoriel qui nous fait vivre une expérience globale. Non seulement l'idée est grandiose, mais l'exécution est impeccable et le design inspirant. C'est aussi un projet de son temps, et ça, c'est important pour un Grand Prix, à mon avis.

Et le Coup de coeur?
Nous avons longtemps hésité entre les deux pour le Grand Prix, mais nous avons penché pour Mutek à cause de son côté très contemporain. Malgré son aspect plus intemporel, nous tenions vraiment à récompenser le projet de Paprika. C'est une très belle idée, exécutée à la perfection. Il nous a tous complètement séduits.

Certaines catégories ont semblé plus difficiles à juger.
Pour la catégorie Logotype nous avons été éveillés toute la nuit entre les deux jours des délibérations! Premièrement, c'est très difficile de juger un logo isolé sur une feuille blanche, car la vraie vie d'un logo est toujours dans un contexte. On ajoute à cela qu'un bon logo est habituellement schématisé, on se retrouve donc devant un symbole, pour la plupart du temps un peu abstrait, souvent présenté sans texte. Il devient alors dur de ne pas être subjectif puisqu'on manque souvent d'indices pour juger la pertinence du logo. Une autre catégorie difficile a été Packaging. Il n'y avait pas beaucoup d'inscriptions, et c'est malheureusement la catégorie où l'on a observé le moins d'innovation. C'est aussi une catégorie où le budget représente un enjeu beaucoup plus important que dans des catégories comme Brochure ou Affiche, par exemple, où l'on peut toujours trouver de belles solutions sans trop d'investissement. En emballage, quand on n'a pas le budget pour le design du contenant, l'étiquette a beau être « sexy », ça donne rarement un bel objet.

Quelle est votre impression générale du jury de cette année?
Je suis hyperfière! J'ai mis beaucoup de temps à le composer, car je tenais à avoir des designers de grand talent, mais aussi de cultures et de personnalités différentes, qui n'avaient jamais été membres du jury Grafika. Je voulais du sang neuf. Un regard nouveau. À cette équipe, j'ai ajouté Ginette Caron, réputée designer ayant notamment travaillé pour Benetton et Prada, pour qui j'ai une très grande admiration. Bien sûr, cette initiative a ajouté un peu de complexité aux discussions assez longues. Mais la preuve de la pertinence de celles-ci est que tous les membres du jury sont repartis de cette longue session avec un sentiment de fierté.

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