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Démissions chez Rim : trois experts réagissent

Yannick Bédard, Dominic Gagnon et Malik Yacoubi réagissent pour Infopresse à la démission de Jim Balsillie et Mike Lazardis, coprésidents de Research in Motion (Rim).

« Quand on regarde les derniers chiffres de comScore, Rim occupe 35 % du marché canadien des téléphones intelligents par rapport à 30 % pour Apple et 25 % du côté d'Android. Cela dit, alors que les parts de marché d'Apple restent relativement stables, Rim a reculé (elle occupait 42 % du marché) et Android a connu la plus forte progression (elle était à 12 %), explique Yannick Bédard, directeur des opérations interactives de Sid Lee. Après la démission des deux coprésidents, le remplaçant, Thorsten Heins (qui a été chez Siemmens avant son arrivée chez Rim), arrive avec une perspective plus centrée sur la commercialisation des appareils et sur l'expérience utilisateur. Sans dire que Rim est morte, ni que l'entreprise va nécessairement renaître de ses cendres, il y a une bonne occasion pour elle de se centrer sur qui elle est vraiment et sur la façon dont on utilise ses produits. Le taux d'adoption des téléphones intelligents approche 50 %, et il sera important pour l'entreprise de réussir à se faire valoir tout en répondant aux besoins du public. » 

« J'ai toujours cru en Rim et je crois surtout qu'elle a souffert d'une mauvaise stratégie, ajoute pour sa part Dominic Gagnon, président de Piranha. « Je ne crois pas que l'entreprise réussira à pénétrer le marché du consommateur, notamment en s'imposant sur le marché des applications pour concurrencer Apple et Android. Toutefois, je pense qu'elle pourra continuer de produire des produits qui resteront nichés dans le monde des affaires et qu'il y a un fort potentiel à développer de ce côté. Plusieurs organisations vont continuer ou recommencer à voir que Rim reste la meilleure solution en matière de sécurité. Avant, posséder un BlackBerry était accompagné d'un statut, voire d'une certaine reconnaissance sociale. Or, en optant pour la production de produits plus bas de gamme et à plus faible coût, ils ont en quelque sorte perdu cette distinction en tentant d'attirer un public plus jeune, qui, au final, n'était peut-être pas le bon. Si Rim change sa vision pour exploiter un marché plus niché et qui convient davantage à ses produits, je crois qu'ils ont un avenir, même si celui-ci passe par une fusion avec un autre grand groupe. »

Pour Malik Yacoubi, vice-président, marketing mobile, de Cossette, « il est tout de même malheureux qu'une entreprise canadienne peine à conserver sa position dans un marché en si forte croissance. Je crois qu'un changement de direction chez Rim ne pourra qu'aider à court terme. Mais à long terme des alliances stratégiques ou même une fusion devrait faire partie de la stratégie de l'organisation pour survivre. Les applications pour les BlackBerry sont très peu téléchargées comparativement à celle d'iOS et d'Android. De manière générale, nous recommandons très rarement de développer une application BlackBerry pour nos clients. » C'est une idée que partage d'ailleurs Dominic Gagnon : « Pour moi, une application BlackBerry est une application dans le feu. L'expérience web n'est pas excellente, et Rim possède plusieurs appareils avec différents standards qui nuisent à l'exploitation d'applications mobiles. »

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