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« Le web d'ici cherche son Arcade Fire », estime Sylvain Carle, président du jury Boomerang

Sylvain Carle, président du jury Boomerang

Des catégories modifiées, des coups de coeur et plusieurs mentions spéciales, Sylvain Carle, président du jury, revient sur cette 17e édition du concours Boomerang.

Quelle a été votre « ligne éditoriale » comme président du jury?
Cette année, nous avons favorisé l'innovation et les projets nés sur le web. Ceux qui ont gagné sont ceux partis du web, qui ont fait le tour des médias et qui en sont revenus. On a aussi voulu récompenser les gens qui utilisaient le web dans son entièreté, car, aujourd'hui, le web est plurimédia, il n'existe pas simplement dans un fureteur ou dans Flash.

Pourquoi avez-vous modifié certaines catégories?
Parce qu'elles évoluent trop vite et qu'il est de plus en plus difficile de mettre des projets dans des catégories ad hoc. Je dis souvent qu'une année de web, c'est comme une année de chien. Le web est devenu un métamédia qui est partout et qui mange tout. Voilà la raison pour laquelle il est si difficile de le diviser en petites boîtes.

Que doit-on retenir des deux Grands Prix?
Festimania (Cossette) est une campagne parfaitement intégrée née sur internet. Elle repose sur un phénomène qui part du web profond et qui utilise les forces de tous les médias pour les amplifier. Le projet est aussi une collaboration, et cette intention de coopération a beaucoup plu, car elle est typique de l'esprit web. Quant à Deux Huit Huit, quelque chose sonne très juste ici, tant au chapitre du design que de la technique. Quand on va le regarder en 2021, l'on va se dire que c'est une superbe vignette de ce qui se faisait de mieux en 2011.

Parlons des coups de coeur. Qu'est ce qui vous a séduit dans les deux projets?
Il s'agit de coups de coeur de l'ensemble du jury. Les Interwebs (Écorce), c'est de la culture internet à l'état pur, c'est un projet axé sur le contenu, sans objectifs définis. Il y a une belle générosité dans cet inventaire de la culture internet québécoise indépendante. Quant à Handshake McCartney (Andrée-Anne Hallé et Lg2), le jury en a félicité la détermination, l'audace et l'émotion. Faut-il souligner qu'il n'a presque rien coûté? Que je n'entende pas une entreprise dire qu'elle n'a pas les moyens d'être présente sur les médias sociaux!

Pourquoi a-t-on vu beaucoup de mentions spéciales cette année?
On signifiait par là qu'on aimait ça et qu'on voudrait en voir plus. Ce sont des tapes dans le dos, pour des projets qui émergent souvent du web indépendant. On souligne que c'est bien fait, souvent avec peu de moyens, mais avec beaucoup de gueule. Je dis fréquemment à la blague que le web québécois cherche son Arcade Fire; on ne l'a pas encore trouvé, mais ça va sûrement arriver.

Le concours Boomerang, présenté par Canoë, est une initiative des Éditions Infopresse, en collaboration avec Inpix, Microsoft Advertising, The Gazette et TC Média, en partenariat avec MétéoMédia, Olive Média, Rogers Médias Numériques, Say Media et Yahoo et en association avec le Bureau de la publicité interactive du Canada.

Afin d'accéder au site de Boomerang, cliquez ici. Tous les résultats se retrouvent dans un numéro spécial du magazine Infopresse, en kiosque aujourd'hui.

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