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Premier bilan positif en 10 ans pour V : "Nous commençons à récolter ce que nous avons semé"

Maxime Rémillard
Marc Giguère

Alors que V vient d'annoncer une hausse de ses revenus de 14 %, une première depuis près de 10 ans, et une croissance de ses cotes d'écoute de près de 25 %, Infopresse s'est entretenu avec Maxime Rémillard, PDG, et Marc Giguère, vice-président, ventes et chef des opérations commerciales.

Quel bilan tracez-vous, trois ans après le remplacement de TQS par V?
MR : Quand nous avons lancé V, notre plan d'affaires comprenait quatre axes : revoir le modèle de l'entreprise, créer une nouvelle identité de marque évoquant l'audace, repositionner la grille afin d'offrir une alternative, puis investir dans la production québécoise, ainsi que rehausser l'offre de nos produits. Nous sommes restés fidèles à ce plan, qui prévoyait une rentabilité à la troisième année.
MG : Il y avait beaucoup de scepticisme quant à notre contre-programmation. Mais la rentabilité d'aujourd'hui, et les bonnes performances de l'année dernière, font en sorte que nous pouvons investir dans une grille avec plus d'impact. Cela démontre aussi que nous avions raisons de vouloir faire les choses autrement.

L'année dernière a-t-elle marqué un tournant avec le lancement d'une campagne grand public, l'arrivée de certaines émissions phares et la mise en place d'une stratégie sur les médias sociaux?
MR : Ce n'est pas un tournant, c'est plutôt l'évolution de notre plan d'affaires. Il faut se rappeler que lors du lancement de V, une grave crise économique nous a ralentis. Il a donc fallu plus de temps pour amener les émissions, les produire, les mettre en marché et créer nos créneaux. Par exemple, le 5 à 7 a pris deux ans à installer!
MG : Il faut également donner du temps aux téléspectateurs et aux annonceurs pour comprendre notre positionnement. D'ailleurs, les annonceurs ont été présents dès le début, car ils demandaient un troisième joueur en télé généraliste de qualité. Aujourd'hui, notre offre est beaucoup plus claire. 

Comment définissez-vous le produit de V aujourd'hui?
MR : Nous croyons beaucoup aux produits québécois. Ainsi, 70 % de nos budgets de programmation sont investis ici. C'est près de 40 millions $ par année. Nous sommes donc un acteur important dans le milieu culturel et nous voulons continuer dans cette direction.
MG : Le contenu et les idées sont au centre de l'entreprise. Nous sommes un générateur et nous désirons de plus en plus engager les producteurs et même les annonceurs dans la création de produits. Cette collaboration, qui comprend aussi les différentes équipes à l'interne, a contribué à rendre notre offre crédible et originale. Nos résultats démontrent d'ailleurs que les gens qui regardent nos émissions, nous regardent plus longtemps. C'est un bon indicateur de la qualité du contenu.

Que signifie ce premier bilan positif pour la chaîne?
MR : Quand nous l'avons acquise, TQS perdait plus de 18 millions $ par année et était sous la protection de la loi sur la faillite. La rentabilité représente donc une importante étape qui nous apporte une certaine stabilité financière. Nous allons également pouvoir investir davantage en production.

Quelles étaient les motivations d'acheter une entreprise qui perd 18 millions $ par année?
MR : Mon frère et moi croyions en notre vision de transformer V en un joueur important dans l'industrie télévisuelle. Il fallait revoir tout de A à Z, recréer un modèle d'affaires plus flexible, une entreprise plus rapide à réagir, et c'est ce que nous avons fait pendant les premières années. Maintenant, nous commençons à récolter ce que nous avons semé.

L'objectif est-il de faire de V le premier réseau télé au Québec?
MR : L'objectif n'est pas et n'a jamais été d'être numéro un. V désire être un générateur de contenu de qualité qui touche un public large et performe dans les groupes cibles stratégiques. Nous avons encore aussi des enjeux de rentabilité importants, comme en ce qui concerne le système des redevances.
MG : Nous voulons aussi continuer à développer notre engagement sur les médias sociaux, car c'est ce qui nous démarque et nous différencie. Ils nous permettent de donner une extension à nos produits et de créer une interaction entre nos émissions et les téléspectateurs, un aspect important des gens qui ont bâti V.

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