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Entrevue: regards croisés

Photo : Damian Siqueiros, Daniel Desmarais, Guillaume Simoneau et Jocelyn Michel de Zetä Production

Entrevue avec le président du jury Lux, Louis Gagnon, cofondateur et directeur artistique de Paprika, et le président d'honneur du concours, le photographe Gabor Szilasi.

Que retiendrez-vous de votre expérience en tant que coprésidents de cette édition 2011?
Gabor Szilasi : C'était une nouvelle expérience pour moi, provenant du milieu de la photographie artistique, non commerciale. Cela a pourtant été très enrichissant. Le plus difficile a parfois été de décider entre la technique et le contenu.
Louis Gagnon : Si j'ai déjà participé à de nombreux jurys, ça a toutefois été ma première expérience dans un domaine autre que celui du design graphique. Finalement, ce n'est pas si différent. Peu importe la discipline, on recherche l'idée derrière l'image.
GS : Commerciale ou non, il faut que l'image soit excitante, c'est universel.
LG : Tout à fait, et cela se produit dans les premières secondes, c'est spontané. De nombreuses images remplissaient ces critères. Le niveau général était très bon.

Un mot est revenu très fréquemment lors des discussions : l'émotion.
LG : Oui, de nombreuses pièces en étaient chargées, ce sont elles que nous avons récompensées. Nous avions aussi comme ligne de conduite d'honorer des pièces audacieuses. Quand on prend un risque, et que ça marche, le résultat est d'autant plus fort.
GS : C'est également vrai pour les pièces étudiantes. Plusieurs m'ont beaucoup ému. Très souvent, la technique n'était pas parfaite, mais il s'agissait d'images spontanées et touchantes.

C'est ce qui a dicté le choix des Grand Prix illustration et photographie?
GS : Les frontières entres les disciplines sont de plus en plus floues, et peu importe l'origine d'une image ou la technique utilisée, il faut tout simplement accepter que c'est de la très bonne création. Cela s'est trouvé être une animation en illustration et un photoreportage en photographie.
LG : L'illustration, ce n'est plus une histoire de papier et de crayon, c'est davantage que ça. L'émotion ressentie en voyant cette pièce et son côté exploratoire nous ont vraiment séduits. Tout comme ça a été le cas pour le Grand Prix photographie.

Le jury a aussi décerné de nombreux Coups de coeur.
LG : Il s'agit de pièces auxquelles nous avons un moment hésité à donner le Grand Prix. Ce sont toutes des images authentiques et puissantes.
GS : Et sur lesquelles nous n'arrivions pas à tous nous entendre.

Et toutes en noir et blanc?
LG : Effectivement, mais il ne s'agit pas d'une volonté de notre part. Cela s'est juste produit comme ça.

Quelles recommandations donneriez-vous pour les prochaines éditions?
LG : Les débats sont peut-être parfois moins forts parce que tous les membres du jury ont une culture commune. Avoir une vision d'ailleurs au Canada ou de l'étranger permettrait peut-être de mettre les choses en perspective. Cela dit, avoir la même sensibilité que ceux qui soumettent nous permet certainement aussi de mieux apprécier leur travail.
GS : Une recommandation? Me réinviter.

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