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Télévision et réseaux sociaux: trois questions, quatre experts

Geneviève Rossier, directrice générale, internet et services numériques, de Radio-Canada
Laurent Maisonnave, fondateur de Seevibes
Luc-André Cormier, vice-président, marketing et stratégie numérique, de V Interactions

En pleine rentrée télé, voici trois enjeux auxquels doit faire face la télévision à propos des médias sociaux.

Qu'advient-il des pages et des comptes lorsque l'émission est hors saison?
Selon Laurent Maisonnave, il faut le moins possible laisser les téléspectateurs orphelins. À Radio-Canada, Geneviève Rossier admet que des comptes disparaissent et renaissent, alors que d'autres continuent d'être enrichis entre deux saisons, comme La Galère, qui compile plus de 80 000 fans Facebook. Chez TVA, tous les comptes continuent d'être fournis en période hors saison, mais avec un volume diminué. « Nous préparons les gens aux autres saisons en envoyant des messages à certaines fréquences, explique Caroline Roy. Par exemple, les auteurs de Destinées et de Yamaska continuent d'échanger avec les fans en période d'écriture. C'est une relation, et il faut l'entretenir. »

À quand Facebook dans notre écran de télé?
Ce printemps, les Américains ont pu essayer NBC Live, ainsi qu'IntoNow, acquis par Yahoo!. Présentes aux États-Unis, les plateformes de télévision sociale demeurent timides au Québec. Bien qu'aucune chaîne ne s'avance sur ses projets dans le domaine, plusieurs affirment croire au deuxième écran, c'est-à-dire l'écoute de la télé avec un ordinateur, une tablette ou un téléphone intelligent entre les mains. De 2008 à 2009, au Québec francophone, l'utilisation d'internet tout en regardant la télé a d'ailleurs augmenté de 20,9% à 21,8%, selon Sondages BBM. « Les gens ne sont pas encore si ouverts à ce qu'apparaissent leurs interactions Facebook ou Twitter sur l'écran de télé », avance Laurent Maisonnave. Au Québec, certains joueurs se sont toutefois lancés, dont Telus, qui a déployé son réseau Optik tv, lequel permet de connecter son compte Facebook à sa télévision.

Et les annonceurs dans tout cela?
Les initiatives avec des annonceurs sont rares. « C'est toujours un peu délicat, admet Caroline Roy. Si c'est bien fait, je suis ouverte, mais si c'est pour envoyer un message publicitaire pour en faire un, je le suis moins. Ce qui fonctionne bien, ce sont les concours, mais ce ne sont pas des initiatives que nous menons à grande échelle. Tout est évalué au cas par cas. » Du côté de V, Luc-André Cormier explique qu'il est de plus en plus exigé que la gestionnaire de communauté écrive les messages postés pour des commanditaires: « C'est bon pour les deux parties, parce que ce doit être bien intégré et naturel. »

Laurent Maisonnave est fondateur de Seevibes; Geneviève Rossier est directrice générale, internet et services numériques, de Radio-Canada; Caroline Roy est directrice de TVA Interactif; alors que Luc-André Cormier est vice-président, marketing et stratégie numérique, de V Interactions. Retrouvez ces trois questions dans le dossier sur l'avenir de la télévision, dans le plus récent numéro du magazine Infopresse.

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