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Des idées pour un meilleur Montréal

Cliquez pour visionner des exemples de l'architecture créative de Barcelone

Montréal pourrait s'inspirer de l'aménagement des espaces publics, du transport et de l'architecture catalane, selon Francis Gosselin et Gabrielle Madé de l'École d'été MosaiC. Tous deux sont allés à Barcelone, dans le cadre de l'école d'été de MosaiC Montréal/Barcelone, organisée par HEC Montréal. L'école consiste en une plateforme d'échanges et de partage des connaissances en gestion de la créativité dans la société de l'innovation. Cliquez ici pour lire un texte à ce sujet, paru le 15 juillet sur Infopresse.

"Passez une semaine à Barcelone et il est probable qu'avant le retour, vous aurez envie de vous y installer. Barcelone est, nous l'écrivions, «magnétique»: elle attire vers elle les créateurs et les garde, parfois. Dans cette lignée, l'École d'été donnait à voir quantité d'initiatives, de projets et de lieux qui font percevoir cette longueur d'avance dans l'art du bien vivre, formant des citoyens actifs, entreprenants et créatifs. Qu'on réfléchisse à l'aménagement des espaces publics, à la mobilité ou au rapport entre urbanisme et rénovation du parc immobilier, nous retenons de ce périple des idées pratiques que nous aimerions bien reproduire, réinterpréter et adapter à Montréal.

Aménagement des espaces publics
Le premier élément qui caractérise l'âme de Barcelone est l'abondance, la diversité et la vitalité de ses espaces publics. Barcelone est parsemée de ces endroits, petites places, petits parcs, plages et voies piétonnières. La ville, malgré sa taille, est à échelle humaine: on se l'approprie, on la comprend, elle nous parle. La signalétique urbaine est moderne et précise, établissant un dialogue entre urbanité et individualité. Cela donne le sentiment d'une ville qui communique avec ses citoyens, et vice-versa. L'aménagement du port permet de profiter d'un espace que la plupart des villes n'arrivent pas à rendre accessible: le port de Barcelone est à la fois non industriel, culturel, commercial et amical. On se comprend. On aime.

Mobilité et transports
Siégeant au sommet du palmarès des "meilleures sociétés de transport" nord-américaines, Montréal n'a évidemment rien à envier à Winnipeg ou à Trenton. Considérant l'efficacité, la ponctualité, la densité et le confort des transports publics barcelonais, toutefois, quelques constats s'imposent. Maugréant subtilement contre les 50 degrés Celsius d'un métro-canicule, alors que juillet battait son plein, les perles de sueur se formant le long de nos tempes nous rappellent que les prochains wagons achetés par la STM ne seront pas, eux non plus, climatisés. On s'étonne qu'une ville comme Barcelone, oscillant de 10 degrés l'hiver à 35 degrés l'été, soit dotée d'un équipement sophistiqué de climatisation, alors que chez nous, où des écarts majeurs séparent parfois les saisons, l'on souffle de l'air tiède dans les wagons. Climatisation, tramways, information en temps réel - autant de moyens de faire de l'expérience «publique» du transport autre chose qu'un combat quotidien contre la mobilité: à Barcelone, tous les arrêts de métro et toutes les stations de tramway montrent l'heure du prochain passage. Les transports barcelonais dialoguent avec leurs usagers, les tiennent informés, rassurés et confortables, témoignant ainsi d'un souci véritable d'accroître le recours aux transports publics.

Architecture
Par-delà ces attributs pratiques, Barcelone - «cité d'architectes» - rayonne, et ici, Montréal a encore beaucoup à apprendre. N'ayant pas peur de faire appel à des architectes de renom, Barcelone poursuit sur la lancée des Jeux olympiques de 1992 et réinvente en permanence son parc immobilier: du quartier 22@ aux aménagements des berges en passant par la construction du prestigieux hôtel W (inauguré en septembre 2009), le «skyline» évolue et continue de s'apprécier au fil du temps. Plutôt que d'enfermer sa transformation sous une contrainte du moindre coût, Barcelone ose. Par-delà les vertus esthétiques manifestes de sa rénovation, la politique urbanistique encourage aussi le développement de bâtiments «verts». Le centre Media-TIC, pensé par l'architecte Enric Ruiz-Geli, combine efficacité énergétique, rapport poids/performance et adaptabilité de la structure, attirant des visiteurs de partout. Ces bâtiments «intelligents» témoignent de la sensibilité de Barcelone aux besoins de ceux qui y passent, y vivent et y vivront. Ce sont quelques idées, à méditer, pour faire entrer Montréal et les Montréalais dans un XXIe siècle actif, entreprenant et créatif."

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