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Montréal est-elle une ville créative?

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Un groupe de réflexion s'est penché sur les critères qui font de Montréal une métropole créative.

Francis Gosselin et Gabrielle Madé abordent la question des villes créatives, dans le cadre de l'école d'été MosaiC Montréal/Barcelone, organisée jusqu'au 16 juillet, par HEC Montréal. L'école consiste en une plateforme d'échanges et de partage des connaissances en gestion de la créativité dans la société de l'innovation.

"Les villes créatives ont bonne presse ces dernières années. Entre les classements des magazines et ceux des grandes institutions, touristiques ou statistiques, le rapport entre qualité de vie, identité et branding est l'objet de méthodologies diverses qui visent à situer les villes les unes par rapport aux autres. Pourtant, les critères restent nébuleux, et les villes se retrouvent tantôt avantagées, puis exclues de classements dont la lisibilité et la comparabilité sont loin d'être acquises.

Montréal n'échappe bien évidemment pas à ces typologies internationales. Tandis que la publication Monocle - dont le classement cherche à situer la qualité de vie dans son classement «Livable Cities Index» - situe Montréal au 24e rang (sur les 25 lauréates), d'autres typologies comme le programme Innovation Cities, prétendant recourir à un benchmarking international, classent notre métropole au 34e rang. Ce faisant, Montréal est réduite au titre de «hub», deuxième catégorie en règle derrière les villes dites «nexus», comme Boston, Paris, Amsterdam ou Vienne. Montréal partage ce titre avec la ville alsacienne de Strasbourg, habituellement basse dans ces classements, la précédant au 33e rang (!).

En dépit de ces efforts, certains remettent en cause la notion même de classement de villes. Le professeur Andy Pratt, sommité internationale dans la culture, les médias et l'économie créative, personnalité créative fortement liée aux activités de l'underground londonien, considère justement ces classements artificiels, impertinents et inutiles. Londres, parmi toutes, est une ville créative. Mais l'effort de certains, en cherchant à la situer par rapport à d'autres, est, soutient-il, dénué de sens.

À la lumière de tels commentaires, la classification de Montréal au rang de capitale créative ou non semble relever de mécanismes statistiques largement soumis au jeu d'influence que se livrent les capitales. La course effrénée à laquelle ces dernières participent dans leur quête visant à s'assurer une place dans l'un de ces palmarès obnubile-t-elle les différents paliers de gouvernement au point de leur faire oublier que ce sont les villes qui, d'elles-mêmes, sont capables de créer les conditions d'émergence de la volonté créative? Le débat persiste et s'abreuve à même les publications, incessantes, de classements de villes. Tout cela n'est pas très créatif!"

Francis Gosselin est candidat au doctorat à la Beta Strasbourg, rédacteur pour La Gazette Cournot, ainsi que chargé de projet à la Chaire en management de la créativité et à l'École d'automne en management de la créativité. Gabrielle Madé est, pour sa part, étudiante à la maîtrise en communications à l'Université d'Ottawa et participante à l'École d'été MosaiC. Elle est spécialisée dans l'analyse et l'interprétation des phénomènes liés aux nouveaux médias et à leur influence sur les médias traditionnels.

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