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De consommateur à citoyen: les nouveaux défis des relations publiques

Isabelle Perras, vice-présidente et directrice générale d'Optimum Relations Publiques

Infopresse vous présente, chaque mois, une chronique sur les relations publiques; ce mois-ci, Isabelle Perras, vice-présidente et directrice générale d'Optimum Relations Publiques, aborde les nouveaux défis de cette discipline face aux consommateurs, de plus en plus citoyens engagés.

"Le propre des relations publiques, et de la communication en général, est de convaincre, séduire, informer, bref de raconter une histoire, la plus juste possible, à un auditoire, avec l'objectif que celui-ci adhère à nos propos.

Cela, c'était avant. Quand l'auditoire s'asseyait sagement dans son salon à la recherche d'information ou de divertissement dans un mode unidimensionnel où l'émetteur régnait sans partage sur le message. Sans voix, nos consommateurs de la fin du siècle dernier n'avaient d'autre choix que de s'extirper du moelleux sofa pour aller changer le poste de télévision. Un geste bien dérisoire face à l'arsenal de la télévision de masse de l'époque.

Ce temps pas si lointain est bel et bien révolu. Au fil des percées technologiques, de la multiplication de l'offre télévisuelle, de la venue d'internet et de l'arrivée de citoyens de plus en plus scolarisés, les relations publiques ont basculé dans un tout nouvel univers.

Paradoxalement, en même temps qu'apparaissait une véritable révolution dans les technologies de l'information, censée faire de nous une grande communauté branchée, notre monde n'a jamais autant conjugué son avenir au rythme de l'individualité. Aussi, notre appartenance à un territoire ou à un groupe donné n'a jamais été aussi fragile.  

Aujourd'hui, chacun choisit son camp, ses combats, ses communautés d'appartenance au gré de ses expériences de vie et de son tempérament. En 2011, un professeur d'histoire de l'Université de Montréal a probablement autant, sinon plus, en commun avec son homologue d'Aix-en-Provence qu'avec son voisin de palier, comptable de son état.

L'avènement du web 2.0 a formidablement propulsé cette nouvelle réalité vers des sommets inégalés. Ultime démocratisation de nos médias d'information, les médias sociaux permettent à chacun de diffuser son contenu à l'univers entier. Des inoffensives photos du dernier party de bureau au billet politique corrosif, le contenu est dorénavant entre les mains de ceux qui, jadis, étaient cantonnés au rôle de public cible. Et ce n'est qu'un début. À cet égard, on peut déjà mesurer la formidable puissance en devenir des médias sociaux en constatant leur rôle significatif dans les révolutions en Tunisie et en Égypte.

Parallèlement à ce développement technologique, nos consommateurs d'hier se mutaient en citoyens engagés à la faveur de la prise de conscience de la fragilité de la planète et de l'incontournable défi de penser notre avenir économique en matière de développement durable.

Ainsi, naissait le phénomène de l'acceptabilité sociale, porté par des citoyens engagés, déterminés à préserver leur milieu de vie. Le temps où l'on rasait un quartier complet pour construire une autoroute n'est plus qu'un mauvais souvenir.

On le constate, les relations publiques en 2011 ont très peu à voir avec le contexte où s'exerçait le métier voilà seulement deux décennies. La traditionnelle conférence de presse a cédé le pas aux chroniqueurs spécialisés, aux blogueurs, aux communautés spontanées d'influence et à cette multitude de voix susceptibles de faire ou de défaire l'adhésion publique à des projets ou à des idées.

Ce qui ne change pas cependant, c'est notre obligation comme professionnels de la communication à trouver les mots qui viendront allumer l'étincelle dans les yeux de notre public. Et pour ça, notre métier aura toujours sa place. Différente, certes, mais aussi importante, sinon plus."

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