La référence des professionnels
des communications et du design

Astral sur la transaction Corus/Cogeco: "Les règles du jeu doivent être clairement établies"

Pierre Boisseau, vice-président adjoint aux communications de Astral
René Guimond, vice-président, affaires publiques et communications, de Cogeco

Astral conteste l'acquisition des radios de Corus Entertainment par Cogeco, parce qu'elle s'objecte au fait que le CRTC change en cours de route les règles établies, tandis que Cogeco a l'intention de se défendre et de "maintenir le cap". Astral Média Radio, une filiale d'Astral, a annoncé mardi en fin de journée qu'elle demandait à la Cour d'appel fédérale de l'autoriser à interjeter en appel de la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de faire exception à l'application de la Politique de propriété commune des stations de radio.

Le CRTC a en effet approuvé, le 17 décembre dernier, l'acquisition par Cogeco des stations de radio de Corus au Québec, une transaction annoncée à la fin d'avril 2010. Cogeco avait pour cela demandé au CRTC de faire exception à sa politique sur le nombre de stations de radio qu'elle pourrait posséder dans le marché de Montréal, ce qui lui a été accordé.

"Astral Radio est d'avis que le CRTC a erré en permettant à Cogeco de détenir et exploiter trois stations de radiodiffusion de langue française sur la bande FM (98,5 FM, CKOI et Rythme FM) dans la région de Montréal, alors que tous les autres radiodiffuseurs dans les mêmes grands marchés, incluant Astral Radio, sont limités à au plus deux stations FM de même langue en raison de la Politique de propriété commune établie par le CRTC en 1998, et réitérée depuis à trois reprises", explique l'entreprise dans son communiqué.  "L'absence inopinée de prévisibilité dans l'application de la Politique par le CRTC pénalise tous les radiodiffuseurs qui ont renoncé à considérer des occasions d'affaires par souci de respecter la Politique telle que libellée et constamment appliquée", dit Claude Laflamme, vice-président, affaires corporatives et règlementaires, d'Astral Radio, cité dans le même communiqué.

"Si les règles ne sont pas clairement établies pour tous les joueurs, on n'a pas de base commune sur laquelle nous pouvons faire compétition, explique pour sa part Pierre Boisseau, vice-président adjoint aux communications d'Astral. Si tous s'étaient entendus sur cette base dès le début, l'on aurait peut-être considéré d'autres occasions d'affaires, mises de côté à l'époque, parce qu'on savait qu'elles contreviendraient aux politiques du CRTC.  Et ce que je dis s'applique à tous les joueurs dans le domaine de la radio. Cette discussion et ce débat auraient dû se faire dans un cadre autre que la transaction dont on parle maintenant."

Du côté de Cogeco, l'on souligne que rien ne change, tout en se disant "très surpris" de la requête d'Astral. "On estime la requête d'Astral vraiment sans fondement et l'on entend la contester de façon vigoureuse", indique René Guimond, vice-président, affaires publiques et communications, de Cogeco. Et nous avons toujours l'intention de clôturer la transaction le 1er février prochain. On garde le cap. Et l'on va se défendre. C'est un travail astronomique de faire cette intégration, et l'on n'a pas l'intention de se laisser distraire." René Guimond se montre par ailleurs très critique par rapport au comportement d'Astral et à la pertinence de sa cause. " La politique sur le nombre de stations à laquelle on fait référence, c'est une politique que le CRTC a pleins pouvoirs d'appliquer ou non, en vertu de la loi, selon les situations spécifiques des différents marchés. L'organisme a décidé que notre demande d'exception était justifiée et a très bien étayé sa décision."

La Cour fédérale doit maintenant faire savoir si elle entendra ou non la requête.

comments powered by Disqus