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Patrick Beauduin à Radio-Canada: "La radio englobe une réalité beaucoup plus large qu'avant"

Patrick Beauduin, qui quittera bientôt la vice-présidence principale, créativité, de Cossette pour devenir directeur général de la radio de Radio-Canada, explique comment il voit sa fonction et ses principaux défis.

Patrick Beauduin, dont la nomination a été annoncée la semaine dernière, souligne entre autres qu'il avait été formé en journalisme, en plus d'avoir toujours rêvé de travailler dans les médias et la culture avant de s'orienter en publicité. "Récemment, je me questionnais à savoir si j'allais finir ma carrière chez Cossette, dit-il. C'est une boîte que j'adore, et je ne me voyais pas la quitter pour une autre. Alors, en fin de compte, je termine ma carrière en pub chez Cossette... Et ça me fait plaisir de quitter au moment où l'agence vient de gagner un mandat important, avec Aéroplan, en l'emportant sur les meilleures agences au Canada. Cossette a subi des revers ces derniers temps, mais elle repart solidement." Patrick Beauduin entrera officiellement en poste le 1er décembre prochain.

Pourquoi est-on venu vous chercher?
Traditionnellement, Radio-Canada sélectionne, pour de tels postes, quelqu'un de l'interne, qui a passé des années dans la boîte, qui la connaît de l'intérieur.

C'est d'ailleurs quelque chose qui a déjà été souligné et, probablement, critiqué aussi...
Je suis surtout encouragé par les commentaires reçus jusqu'à présent. Radio-Canada a beaucoup muté et a évolué ces derniers temps. Et il s'y trouve une jeune génération impatiente de voir Radio-Canada se rénover. Les échos sont très positifs, tout comme les commentaires des gens que j'ai croisés à Radio-Canada. Notamment de ceux qui travaillent aux nouvelles plateformes.

Comment résumeriez-vous les principaux défis que vous voyez?
Il y a d'abord celui de continuer de rénover la Première Chaîne. Celle-ci est quand même, au départ, tout un succès. C'est une radio très écoutée, c'est une marque. Joël LeBigot, la fin de semaine, atteint parfois les 37% d'auditoire. Peu de marques atteignent cela.

Quand on parle de Montréal, c'est vrai. Mais ce n'est pas forcément le cas dans d'autres marchés.
C'est vrai, il y a, dans mes mandats, celui de renforcer la Première Chaîne en région. Je crois beaucoup au potentiel des régions et je crois aussi fortement au fameux concept du "glocal": penser globalement, agir localement. Il y a un fantastique chantier à lancer en région, et cela veut dire, bien sûr, partout au Canada. Et puis, n'oublions pas Espace Musique, née il y a près de cinq ans. L'offre musicale innove, de façon très forte. Il y a un travail important d'accompagnement à faire pour Espace Musique; et comprend d'ailleurs tout le produit musique: Qu'est-ce qu'on fait avec lui sur Radio-Canada, toutes plateformes confondues, en matière de production, de diffusion?

Et comment voyez-vous votre rôle en ce qui concerne le numérique?
Je vais tenter, c'est sûr, de faire que la radio de Radio-Canada soit toujours plus accessible sur les plateformes numériques. Quelque chose comme Bandeapart.fm représente un excellent exemple de ce que peut être la radio de demain à l'ère numérique. Des choses qui pourront être extrapolées et écoutées par d'autres types d'auditoire. Cela dit, je voyais récemment le dernier rapport produit par Arbitron aux États-Unis: la radio est en pleine progression, elle a encore augmenté de 6%. C'est l'un des plus vieux médias. Pourtant, 80% des Américains l'écoutent quotidiennement. À l'ère du numérique! Et le mot radio, hier relativement restreint, englobe une réalité beaucoup plus large aujourd'hui. On devrait plutôt parler de la circulation du son, par rapport à celle de la vidéo.

Quels enjeux particuliers voyez-vous pour la radio publique?
Tellement de choses me viennent à l'esprit... Fondamentalement, la radio publique est une plateforme d'avenir. Les chiffres qui sortent chaque année dans le monde montrent qu'elle progresse partout. C'est une plateforme exceptionnelle et unique, avec son contenu politique, culturel et social, avec son indépendance et sa curiosité. Et les dirigeants le reconnaissent. Ils sont allés chercher quelqu'un qui peut apporter son expérience et son enthousiasme, pour affirmer encore plus le leadership de ce média, et qui s'est fait connaître par son travail sur l'image de marque. C'est un signe qu'ils croient en la radio.

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