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Alain Giguère, Crop et Le verdict: "Le sondage devient le personnage principal"

Alain Giguère, président de Crop
Véronique Cloutier, animatrice de l'émission Le Verdict, à Radio-Canada

Alain Giguère, président de la firme de recherche Crop, commente son implication dans l'émission Le verdict, c'est votre opinion, à Radio-Canada.

Lors de sa première, lundi soir, l'émission a généré des cotes d'écoute de 1,019 million de téléspectateurs, selon les résultats préliminaires de Sondages BBM. Le verdict, enregistrée devant public, présente chaque semaine trois invités qui découvrent "en tant réel" les résultats d'un sondage les concernant. Le sondage en question est effectué par Crop, auprès de 500 personnes, partout au Québec.

Comment s'est développé le concept de l'émission et quel rôle y avez-vous joué?
L'idée originale est de Véronique Cloutier et Louis Morissette, qui produisent l'émission avec la firme Novem. Radio-Canada, l'un de nos clients, nous a approchés. Nous avons ensuite commencé à travailler avec Véronique et Louis, qui nous proposaient leurs sujets, en nous disant: "L'on voudrait demander telle chose au sujet de nos invités." En fonction de tout cela, chez Crop, nous avons peaufiné la formulation des questions pour qu'elles puissent être acceptables en recherche. Nous nous sommes aussi assurés, évidemment, que les outils et la méthodologie soient rigoureux. Ensuite, nous avons travaillé avec eux sur l'interprétation des résultats et la façon dont ils seront présentés à l'émission. Il faut agir avec délicatesse, trouver des questions un peu critiques, qui vont nous apprendre quelque chose, mais sans mettre les gens dans l'embarras. Et le tout en sachant que, si c'est trop complaisant, les téléspectateurs vont s'ennuyer.

Que pensez-vous maintenant de l'émission et des réactions qu'elle génère?
Je trouve très intéressant qu'un sondage devienne, en quelque sorte, le personnage principal d'une émission: tout tourne autour de lui; à ma connaissance, on n'a pas souvent vu ça. Et l'on combine ici le divertissement aux sujets plus "sérieux", mais il reste qu'on apprend ce que les Québécois pensent de divers sujets. Il y a un beau mélange entre des sujets légers et des enjeux sociopolitiques. Évidemment, certains critiques ont souligné que cela manquait de mordant. En même temps, il faut que les invités acceptent d'y participer! On n'aurait pas trouvé beaucoup de monde pour aller, au départ, se faire mettre en boîte. Et puis, il reste que lundi, avec Pauline Marois, on a quand même dévoilé, sur la souveraineté, une opinion des Québécois qui n'était vraiment pas là pour lui faire plaisir. Nous pouvions difficilement être plus critiques. Si l'émission prend son envol, l'on pourra peut-être devenir un peu plus mordant, je suis le premier à le souhaiter. Mais si l'on va tout de suite trop loin, les gens ne voudront pas y passer. Il y a une fine ligne à gérer.

Quelles seront, selon vous, les répercussions sur la perception du public face aux recherches et aux sondages?
Il faudra voir après quelques émissions, mais l'opinion publique est une donnée d'importance, dans plein de sujets, qu'on le veuille ou non. Et quand le village est trop gros, il faut produire un sondage pour savoir ce que le monde pense. Avec Le verdict, dans ce mélange avec des sujets plus légers, on amène devant le public d'autres questions, davantage sérieuses. Sans dévoiler le contenu des prochaines émissions, je peux dire que, dans les semaines à venir, il va être question d'enjeux de sociétés importants. L'on va y apprendre beaucoup de choses. C'est un miroir de société qui pourrait se révéler très intéressant.

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