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Luci Tremblay sur Rapaille: "La rivalité entre Québec et Montréal revient constamment"

Luci Tremblay, présidente de la Socom
Clotaire Rapaille, lors de sa prestation d'hier

Devant la Société des communicateurs de Québec (Socom), hier, Clotaire Rapaille a fait sa première sortie publique depuis qu'il a amorcé son mandat sur l'image de marque de la Ville de Québec. Il a surtout expliqué aux quelque 200 personnes présentes les grandes lignes de sa fameuse méthode qui l'aide à déterminer des "codes culturels" et qui fait appel autant à sa formation en psychiatrie et en psychologie qu'à son expérience en marketing. Mais il a aussi donné un aperçu de ses premières impressions quant à ce qui caractérise Québec et ses habitants. La présidente de la Socom, Luci Tremblay, directrice des communications du Festival d'été de Québec après avoir occupé les mêmes fonctions au 400e anniversaire de Québec, livre sa perception du travail de Clotaire Rapaille, ce consultant américain d'origine française, dont l'embauche a suscité une certaine controverse.

Quelles sont vos impressions de ce premier exposé?
Je l'ai trouvé très intéressant. D'abord, il a expliqué en détail en quoi consistait sa méthode et sa vision, ce avec quoi tout le monde n'était pas forcément familiarisé au départ: les trois niveaux de notre cerveau; pourquoi il les définit ainsi, comment il travaille, etc. Aussi, il a donné des exemples de ses réalisations, autres que celles dont on entend parler depuis longtemps, comme le PT Cruiser... Il a expliqué entre autres son travail pour les montres Seiko et pour un fabricant américain de portes, Simpson. Ce qui est intéressant, c'est que chacun est capable, à partir ce cela, d'aller chercher quelque chose pour son produit. Quelqu'un que je connais, au ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, m'a dit: "Je voudrais travailler avec lui pour nos produits du terroir!" Je trouve que tous les communicateurs de Québec auraient dû être présents. Un appel d'offres doit être publié, à la suite du travail de Clotaire Rapaille. Cela ne peut qu'aider à le préparer. Et puis, dans notre travail, qu'on soit en tourisme, dans le domaine culturel ou du développement économique, ce fameux code et ses déclinaisons vont affecter notre travail, l'image qu'on voudra mettre de l'avant.

A-t-il donné une idée de ce qui pourrait se retrouver dans ce fameux code culturel?
Il a abordé quelques éléments qui l'avaient frappé. Ainsi, il a souligné que, d'un groupe à l'autre, les quatre ou cinq mêmes thèmes ressortent constamment. Et le chef de cabinet du maire, Louis Côté, qui a participé à tous les groupes, m'a confirmé la même chose. En particulier, la fameuse rivalité entre Québec et Montréal revient sans cesse, et très fort. Les gens de Québec ont toujours besoin de se comparer à Montréal, ils sont incapables de se définir par rapport à eux-mêmes. C'est quand même curieux.

Que pensez-vous des critiques qu'il suscite, notamment sur le fait qu'il serait plutôt dépassé?
La plupart des critiques ont surtout été liées au fait d'aller chercher quelqu'un à l'extérieur, on a parlé du fait qu'on agissait ainsi en colonisés. Mais comme beaucoup d'autres, je pense que, au contraire, c'est très important, dans un tel cas, d'avoir un regard extérieur. Et puis, à partir de ce travail initial, il y aura ensuite du travail à réaliser par les firmes de communication de Québec, et des appels d'offres seront lancés. C'est un message qui n'a pas été bien compris, au départ par l'industrie. Quant à savoir s'il est dépassé ou non, l'on peut aussi dire qu'il a beaucoup d'expérience. Et je crois sincèrement qu'il va apporter quelque chose à Québec. Depuis le 400e anniversaire, la région de Québec a commencé à changer. C'est une autre chose qui a frappé Clotaire Rapaille: il y a l'avant et l'après-400e. En parlant de notre côté masochiste, il a aussi souligné que, quand même, le 400e anniversaire a récemment donné un élan. Je pense que le tout va apporter quelque chose à Québec, ne serait-ce qu'une prise de conscience. Une envie de pousser ce qu'on a en nous, de se donner le droit de rêver.

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