La référence des professionnels
des communications et du design

Justin Kingsley à Vancouver: "Se balader et rire un peu avec le reste de l'humanité"

Justin Kingsley, vice-président des opérations spéciales de Bleublancrouge.
Cliquez ici pour voir toutes les photos

Justin Kingsley, vice-président, opérations spéciales, de Bleublancrouge, est à Vancouver, d'où il nous transmet, en exclusivité, ses impressions en direct des Jeux olympiques.

"Ce qui est plaisant quand on est aux Jeux, c'est de se balader et de rire un peu avec le reste de l'humanité. Alors, au lieu de vous parler de l'aréna et du hockey, puis de vous expliquer comment Wayne Gretzky et Donald Sutherland se promènent dans les couloirs, je suis parti à l'aventure.

Résultat de la compétition non olympique, non officielle, sans médailles ni podiums ni rien d'autre
Ce ne sont pas toutes les marques qui investissent des millions pour officiellement faire partie des Jeux, et ici, l'on vous montre le top 3 au classement officiel, ainsi qu'une mention honorable. On parle de marketing style guérilla, l'art pour l'or, le chat pop-up et le Capitaine Canada.

Bronze: Guess et MTV, dans la catégorie Surf des Jeux. Eh oui, avec quelques boutiques au centre-ville de Vancouver et une pub en plein sur Robson, au coeur de l'action comme on dit, Guess et MTV forment une équipe redoutable. Cette année, la stratégie est de se promener de ville en ville et de faire du surf sur le dos des gros événements. À Montréal, on pensera à Osheaga, par exemple, selon une porte-parole. Donc ici, la semaine dernière, Guess et MTV faisaient la fête, tout simplement. On y retrouvait les étoiles de l'émission de réalité Peak Season et une star DJ, Dre Morel. Le concept de l'émission? C'est très compliqué: des bartenders à Whistler et leurs aventures. Oui-oui, bains tourbillons, ski la nuit, shooters, etc. C'était beau comme party. Les proprios de Roots y étaient (Michael Budman, par exemple), des athlètes olympiques comme Adam Van Koeverden (en visite, c't'un gars de kayak), des "commanditaires" comme l'eau Fiji. De plus, des filles à la Silicone vallée et des gars aux sourcils taillés. La Montréalaise Vanessa Marcomm s'occupait du tout. Un podium, que vous aimiez l'approche ou non, parce que tout le monde voulait rentrer.

Argent: Les olympixes, dans la catégorie Olympiades culturelles. Premièrement, c'est la plus grosse équipe aux Jeux et elle est internationale - 335 artistes, 41 pays et plus de 800 oeuvres. Bien sûr que ce n'est pas sanctionné. Ils en sont fiers! La grande idée, c'est l'art par correspondance, "mail art", et elle n'est pas née hier. Ça fait depuis 1970 que des milliers d'artistes se servent de ce "média social" - oui, oui, pas besoin d'internet pour avoir un réseau social, savez. Les artistes s'envoient des pièces comme ci, comme ça, des trucs qui ne vont pas en galeries et dont on ne parle pas dans les grandes revues. La démocratie accrochée au mur. Cette année, ils ont lancé la première expo de leur histoire, à la galerie Havana, trouvée dans le placard d'un restaurant du quartier Commercial Drive à Vancouver (genre Plateau Mont-Royal, moins la neige). Une l'initiative signée Ed Varney, qui croit que la seule opinion qui compte pour un artiste, c'est la vôtre.

Or: Robert Chaplin, dans la catégorie Pop-up shop. Tu te balades en ville, un défilé olympique à gauche et à droite, des centaines voire des milliers de piétons, mais ton oeil te mène entre les espadrilles qui se croisent l'une, l'autre. Ah, un soulier attaché à un cordon. Tu suis le cordon des yeux et, au bout, il y a un chat. OK, un livre et sur la couverture, un chat. Tu constates que, merde, tu viens de te faire avoir. Robert te saute dessus, il t'attendait, et puis Hey there!! il te chante. Come on in! Mais t'as pas le temps de te sauver. Il te mène par le coude et tu t'assoies. Il te lit une de ses histoires, tout haut, comme ça, sans te demander si tu veux l'entendre. Il te montre ses bouquins, ses affiches, ses tableaux, il va te signer une First Edition. Do you play chess? Il montre du doigt une collection d'échiquiers fabriqués de briques Lego et sa photo avec Kasparov (échec et mat en sept, by the way). Et tu l'aimes parce qu'il est un peu fou et que son truc, un pop-up shop dans un escalier, c'est simple et ça marche. T'achètes deux livres, il les signe, puis t'écris un truc pour Infopresse parce qu'il le mérite. De l'or en barre. (Ah oui, j'oubliais, il prend des commandes par courriel, internet, etc.: robertchaplin@lightspeed.ca ou googlez-le.)

Mention honorable: Capitaine Canada. Pour être honnête avec vous, je prenais des photos en cachète sur le Sky Train, en route pour le centre-ville. Pas sûr pourquoi, parce que je pense qu'il aime se faire prendre en photo, mais bon. Le Capitaine et sa douce, Mme Canada, se déguisent comme ça pour les Jeux, puis ils se promènent. Des gens comme ça, il y en partout pendant les Jeux, pas seulement ceux-ci. Ils se dépoussièrent, eux et leur costumes, et pendant deux semaines, ce sont des rois (ou des capitaines, ou des superhéros, ou des ballerines en rouge et en blanc, vous comprenez?). Sont mignons, font mal à personne et sont, après tout, assez photogéniques.

Les rois des nerds
Eh oui, Coca-Cola est partout pendant les Jeux. Ce qui est vraiment top, par contre, sont les centres d'échanges pour les épingles olympiques. Les gens deviennent complètement malades. Tu te fais arrêter dans les ruelles: "Hey, wanna trade pins?" Non merci, man. Et donc quelqu'un chez Coke a compris, et un peu partout en ville, il y a des pavillons et les gens y vont, échanger et parler de "lapel pins". Les employés sont des bénévoles, et après trois shifts, tu reçois l'épingle Coke, gratos. Des nerds-rois.

Les relations internationales
Ça prenait un couple de San Francisco pour y penser. C'est peut-être le meilleur t-shirt des Jeux pour exprimer la collaboration et l'amitié entre deux pays voisins. US-eh. C'est home-made bien sûr.

Un mouchoir qui en a vu
Les friperies du coin ont passé des mois à chercher, accumuler, trouver et commander des pièces des jeux de Montréal 1976 et Calgary 1988. Certains sont même allés dans des centres de liquidation pour le Tiers-Monde (c'est vraiment pas une blague; ils regardaient le stock qui serait envoyé aux pays pauvres, les pauvres) pour trouver des vieux trésors, comme ce foulard. En vente à 24$, il rapporte plus de 100% de profit, et il n'en reste plus que quatre. C'est par douzaine qu'ils sont arrivés.

comments powered by Disqus