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Matthieu Stréliski de l'ONF: "Pourquoi ne pas expérimenter?"

Matthieu Stréliski, gestionnaire de contenu et responsable des médias sociaux de l'ONF

Matthieu Stréliski, gestionnaire de contenu et responsable des médias sociaux de l'Office national du film (ONF), et conférencier à la Journée Infopresse de demain, revient sur la stratégie web de l'organisation et la populaire application pour l'iPhone.

D'où découle cette initiative 2.0 de l'ONF?
Cette approche s'inscrit dans le virage numérique de l'ONF provenant d'un constat quant à la difficulté de voir des films de l'ONF. Il s'agit de films produits avec des deniers publics, mais auxquels la population n'avait pas vraiment accès pour une multitude de raisons et à cause de plusieurs barrières. Donc, il s'agissait d'appliquer les modèles de l'économie du web, puis de couper ces barrières entre le diffuseur de contenu et la population. Dans cette optique et cette vision, a décollé la stratégie 2.0. Il fallait ouvrir, participer à la conversation là où elle se tenait et utiliser les outils auxquels on a maintenant accès, comme les médias sociaux, pour ainsi voir comment les exploiter. Notre stratégie relève de la présence et de l'essai des réseaux le plus qu'on peut, de l'emprunt de nouvelles voies et d'expériences. Il s'agit d'être présent dans ces réseaux, d'écouter ce qui se passe et de participer à la conversation.

Quels sont les obstacles pour un organisme tel que le vôtre?
Comme beaucoup d'autres organismes publics, nous avons souvent des budgets très limités pour pouvoir mener des campagnes à grand déploiement, diffuser de la publicité et avoir accès à des médias plus traditionnels. Dans un marketing mix, les médias traditionnels ont encore un poids très important. Cependant, nous pouvons accéder à des résultats d'une autre manière en y ajoutant d'autres notions et d'autres objectifs. Dernièrement, ce qui a bien fonctionné est l'iPhone. On est allé chercher de nouveaux auditoires en découvrant réellement où ils se trouvent, puis nous leur avons rendu nos films accessibles. Développer notre site a permis de rendre notre contenu facilement exploitable sur d'autres plateformes. Cela passe beaucoup par l'expérimentation. Plutôt que d'avoir une mentalité de "Pourquoi on ferait ça?", on se dit "Pourquoi ne pas le faire?". Tout ne résulte pas en un succès, mais ça nous permet d'apprendre et de rester au fait de ce qui se passe dans notre industrie.

Trouvez-vous que pour un organisme culturel comme l'ONF, il est beaucoup plus facile de s'adapter aux possibilités du web 2.0?
Dans notre cas, des facteurs nous aident énormément. Entre autres, la croissance de la vidéo. Cela ne peut que nous aider. Nous avons la chance au Canada d'avoir une population un peu plus adepte que les autres à ce type de média. Nous sommes déjà à plus de 3,6 millions de visionnements depuis un an. C'est quand même quelque chose de remarquable pour des films qui dormaient sur des étagères. Ce sont des films d'une valeur pour un grand nombre de Canadiens et pour d'autres personnes dans le monde. Les gens nous le rendent bien, et on le voit bien dans les commentaires reçus ou envoyés sur les réseaux sociaux. Notre site nous permet de nous retourner très vite. Diffuser n'est pas un problème, mais c'est plutôt de songer à ce que sera la valeur qu'on peut donner à l'utilisateur. Par exemple, pour l'iPhone, on voulait connaître la valeur, ce qui allait nous permettre de nous démarquer. Donc, la valeur, c'était de permettre de regarder le film 24 heures, et maintenant 48. Donc, on peut conserver le contenu sur l'iPhone et le regarder sans se brancher à un réseau. C'est ce que nous aimons; être différents et amener une valeur ajoutée à l'utilisateur pour qu'il en tire pleinement profit.

Matthieu Stréliski sera conférencier à la Journée-conférences Marketing des organismes culturels: stratégies de communication 2.0, le mercredi 10 février prochain, à l'hôtel Hyatt Regency. On y présentera aussi, entre autres, les cas du Centre canadien d'architecture et de l'Opéra de Montréal. Pour plus d'information ou pour vous inscrire, cliquez ici.

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