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Bernard Descôteaux: Le Devoir parmi les exemples nord-américains

Bernard Descôteaux

Bernard Descôteaux, éditeur du Devoir, indiquait hier devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain que le modèle d'affaires de son journal lui vaut d'être cité parmi les réussites répertoriées par une récente étude de l'American Press Institute (Api).

Bernard Descôteaux, dont la conférence s'intitulait "Les journaux, une espèce en voie de disparition?", a d'abord brossé un portrait des problèmes que ceux-ci rencontrent à peu près partout, tout en soulignant qu'ils n'en sont tout de même pas, selon lui, voués à disparaître. "L'éditeur du New York Times, Arthur Sulzberger Fils, avait lui annoncé, en 2005, la fin de l'édition papier de son journal pour dans cinq ans. Cinq ans ont passé, et le New York Time a toujours son édition de papier."

Il n'empêche que les journaux, partout, doivent se redéfinir. "Je n'hésite d'ailleurs pas à dire que Le Devoir ne doit plus se voir comme un journal, mais comme une entreprise de production de contenus d'information diffusés sur plusieurs plateformes", indique Bernard Descôteaux, en soulignant que Le Devoir a été le premier quotidien québécois présent sur le web et qu'il a aussi su éviter le piège de la gratuité du contenu. "Nous avons opté pour un modèle payant, à l'époque, bien plus par nécessité que par prescience, dit-il cependant. Nous ne pouvions nous permettre d'offrir gratuitement notre contenu. Mais cela nous a permis d'être moins vulnérables à la baisse de la publicité. Aujourd'hui, la moitié de nos revenus viennent de nos lecteurs, et la moitié de la publicité. Et non seulement, notre lectorat se maintient, mais il augmente. Nos lecteurs sont prêts à payer pour ce que nous offrons. Le Devoir est très loin d'offrir de tout pour tous, ce qui a longtemps été vu comme une faiblesse. Aujourd'hui, nous adresser à un public ciblé et défini nous sert."

L'étude publiée mi-janvier par l'American Press Institute (Api), organisme qui offre diverses ressources pour les entreprises dans le secteur de l'information, porte sur les modèles payants d'information en ligne, à partir du cas de 64 journaux américains, plus Le Devoir au Canada. "Nous avons envoyé des questionnaires à environ 1500 journaux en Amérique du Nord, puis réalisé des entrevues avec les dirigeants de journaux dont le modèle s'avérait viable et intéressant", explique Mary Peskin, directrice associée de l'American Press Institute. L'enquête est vendue en ligne sur le site de l'Api, mais Newmediahub.com, l'un des partenaires de l'étude, en résume les grandes lignes sur son site web. On y indique notamment que les journaux qui font payer pour l'accès en ligne ont développé une base de nouveaux revenus "stable, bien que relativement restreinte". Les entreprises étudiées offrent gratuitement en ligne certains contenus, qui se retrouvent de manière générale facilement ailleurs, tout en faisant payer pour du contenu plus spécifique, qui se trouve aussi dans l'édition papier.

Le Devoir a célébré son centenaire le 11 janvier dernier.

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