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Design par "crowdsourcing": la SDGQ réagit

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La publication de l'article sur le nouveau logo de Meubles SouthShore, conçu en partie grâce au nouveau phénomène de "crowdsourcing", a suscité beaucoup de réactions; voici la réponse officielle de la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ).

L'organisation parle de "travail spéculatif 2.0":

"Vous connaissez sûrement la position de la SDGQ au sujet du travail spéculatif. Nous avons officiellement pris position contre le travail spéculatif non rémunéré en établissant un code de déontologie. Plusieurs autres associations (GDC, RGD et Aiga) se sont aussi prononcés sur les pratiques de déontologie sur ce sujet, dont le percutant 'No!spec'. Nous avons déjà eu plusieurs montées de lait au sujet d'organisateurs de concours peu scrupuleux et nous ne cessons de réclamer des pratiques respectueuses de notre statut professionnel. Malheureusement, des services de design en ligne comme, 99designs ou Crowdspring, nous forcent à constater que ces mauvaises pratiques sont tenaces, à en lire le texte de Mélanie Rudel-Tessier sur la newsletter de Grafika à propos du logo de SouthShore.

Voici en deux mots l'argumentaire de vente de 99designs: 'Nous sommes l'interface d'un réseau de petites et moyennes entreprises qui ont des besoins en design graphique et un réseau international de 56 816 designers passionnés. Nous traitons les demandes en peu de temps, sans le risque ou les coûts associés au design professionnel.'

Ces chiffres représentent-ils vraiment la réalité? Y a-t-il vraiment une base de plus de 50 000 designers sur ces sites? Pas si sûr, comme le démontre Steve Douglas. Ces affirmations semblent plutôt verser dans la fausse représentation. Et ce n'est pas tout.

Ces sites de design par 'crowdsourcing' sous-entendent que les services d'un designer professionnel sont souvent trop chers et que leur politique de prix homéopathique rend enfin la facture 'décente'. Mais quelle est cette politique de misère? Qui peut survivre avec une promesse de rémunération potentielle de 300$ ou 400$ par semaine? Comment acheter un Mac ou des logiciels et des fontes sur ce genre de 'salaire'? Qui est capable, semaine après semaine, de pondre des 200-300 logos? Quelle est la qualité de ces créations? Quelle est la formation et quelle est l'expérience des designers de ces sites?

En examinant le profil de certains soi-disant designers, on retrouve plusieurs membres de 15, 12, voire 11 ans. Une blague? Pas vraiment drôle. Selon le blogue LogoDesignLove, voilà comment ce service peut offrir du design graphique à bas prix. En faisant travailler des enfants.

Le service s'affiche comme 'The leading marketplace for Logodesign' ou 'La principale plateforme de commerce de design de logo'. Nous trouvons déplorable qu'une entreprise qui se définit comme professionnelle exige d'être payée sur signature de contrat et fasse travailler des enfants pour produire les livrables. Ces mêmes enfants qui, espérerons-le, seront éventuellement rémunérés pour le travail effectué.

La SDGQ ne reconnaîtra jamais le statut de designer à ces gens."

Pour débattre sur le sujet, cliquez ici afin d'accéder au blogue de la SDGQ.

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