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La bataille des redevances se transporte devant le CRTC

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CTV et Rogers ont été les premières entreprises entendues hier aux audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), amorcées à Gatineau, sur la question des redevances aux télés généralistes.

Pour les deux prochaines semaines, des représentants de l'industrie canadienne de la télé vont présenter leurs points de vue sur les redevances, réclamées depuis plusieurs années par les chaînes généralistes, auxquelles s'opposent fermement les câblodistributeurs. Ces derniers soutiennent qu'ils devraient exiger jusqu'à 10$ supplémentaires par mois à leurs abonnés. Les généralistes estiment pour leur part que les abonnés n'auraient pas à payer plus, les câblodistributeurs présentant des profits enviables. Selon les chaînes généralistes, les redevances, auxquelles ont déjà droit les chaînes spécialisées, pourraient aider la télévision locale, sérieusement mise en péril à cause du manque de financement.

En ouverture d'audience, Konrad Von Finckenstein, président du CRTC, a soutenu que l'organisme fédéral ne voulait pas voir la facture des abonnés augmenter. "Cet auditoire ne porte pas sur le passé. Il ne s'agit pas ici de consacrer ou de protéger de vieux modèles commerciaux. Et il ne s'agit pas non plus de mettre les consommateurs à l'épreuve", a-t-il mentionné. Il s'est aussi dit frustré par la guerre que se livrent les deux camps. Depuis le début de l'été, ceux-ci s'affrontent à coup de publicités afin d'influencer l'opinion publique. D'un côté, les télévisions généralistes ont mené la campagne "Ma télé locale, j'y tiens". Cette campagne réunit entre autres Radio-Canada, V et CTV. De l'autre côté, les câblodistributeurs, notamment Bell, Rogers et Telus, ont déployé l'offensive "Non à la taxe TV".

En avant-midi, CTV a présenté sa solution au comité d'audition. Il s'agit de "la mise en oeuvre d'un régime authentiquement canadien de consentement à la négociation pour la valeur (NPV) entre les télédiffuseurs et les distributeurs de télévision pour les signaux et la programmation locale", peut-on lire dans le communiqué.

Plus tard dans la journée, le câblodistributeur Rogers a réitéré sa position contre les redevances aux généralistes, qui équivaudraient selon lui à "un renflouement des réseaux de télévision". Selon Rogers, les difficultés que vivent les télévisons généralistes sont attribuables aux dépenses engagées dans la programmation d'émissions américaines.

Le CRTC se penche pour la troisième fois en autant d'années sur cette question. Il a refusé les redevances aux généralistes les deux fois précédentes, jugeant les preuves de difficultés financières présentées insuffisantes.

Cette fois, les audiences comportent quatre grands enjeux: "élaborer un cadre pour une approche fondée sur les groupes en vue du renouvellement des licences de télévision", "s'assurer que les radiodiffuseurs consacrent un montant adéquat à la programmation canadienne", "revoir le mécanisme de soutien au revenu des radiodiffuseurs conventionnels" et "tracer la voie pour le passage au numérique par les radiodiffuseurs en direct".

Le comité d'audience du CRTC, composé de neuf personnes, fera connaître sa décision au cours de l'hiver. En attendant, une deuxième série d'audiences reprendra à partir du 7 décembre.

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