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OPA sur Cossette: Cosmos a un nouvel allié

François Duffar

Le groupe Cosmos, piloté par François Duffar, a annoncé vendredi avoir signé une nouvelle convention de blocage avec Beutel, Goodman & Company dans le cadre de son offensive pour acquérir Cossette, ce qui porte à plus de 37% la proportion des actions en circulation qui soutiennent sa proposition. Cossette, de son côté, a indiqué qu'elle juge la proposition de Cosmos "inadéquate", et qu'elle a l'intention de solliciter d'autres propositions.

Cosmos a annoncé avoir signé une convention de blocage, en vertu de laquelle Beutel, Goodman a accepté de vendre, à certaines conditions, les actions qu'elle détient selon les termes de la proposition soumise par Cosmos. Celle-ci s'ajoute à sa convention de blocage existante avec Burgundy Asset Management. Par conséquent, souligne Cosmos, le total des actions détenues par Burgundy et Beutel liées par des conventions de blocage, et des actions détenues directement ou indirectement par Cosmos représentent maintenant approximativement 37,3% des actions en circulation pleinement diluées de Cossette.

"Beutel Goodman détient ou contrôle collectivement 1 266 091 actions représentant environ 7,6% des actions en circulation pleinement diluées de Cossette. Cosmos détient directement ou indirectement 2 911 580 actions à droit de vote multiple et 205 733 actions à droit de vote subalterne représentant 18,7% des actions en circulation pleinement diluées de Cossette, indique Cosmos dans son communiqué. La convention de blocage conclue par Cosmos avec Beutel, Goodman stipule que cette dernière a accepté de déposer toutes les actions qu'elle détient ou sur lesquelles elle exerce le contrôle à la proposition de Cosmos. En vertu de cette convention de blocage, Beutel, Goodman a le droit d'appuyer une partie qui proposerait un prix supérieur à celui de Cosmos et de vendre ses actions à celle-ci, sous réserve que Cosmos a le droit d'égaler les termes d'une telle offre. Cette convention de blocage est conforme aux conventions de blocage autorisées en vertu du Régime de droits mis en place par le conseil d'administration de Cossette le 4 août 2009."

De son côté, Cossette a fait savoir, dans un communiqué émis vendredi en toute fin de journée, qu'elle estime que la proposition de Cosmos est "très opportuniste", qu'elle "sous-évalue Cossette et est inadéquate sur le plan financier". On souligne aussi que Cossette a l'intention de solliciter d'autres propositions. "Le conseiller financier de la Compagnie, BMO Marché des capitaux, a reçu la directive de solliciter, dans les meilleurs délais, des propositions de tiers intéressés à acquérir la Compagnie. Le conseil d'administration et le comité spécial estiment qu'en suivant un processus public et en sollicitant activement l'intérêt de plusieurs parties qualifiées, les intérêts de la Compagnie et de ses actionnaires seront mieux servis et il sera plus facile d'obtenir des offres qui tiennent compte de la juste et véritable valeur de Cossette." On rappelle par ailleurs qu'aucune offre d'achat n'a été présentée à l'égard des actions de Cossette, et que "les actionnaires ne devraient poser aucun geste pour l'instant".

Rappelons que Cosmos a lancé le 20 juillet dernier une offensive non sollicitée pour acquérir les actions de Cossette qu'elle ne détient pas déjà.  François Duffar est ex-président de Cossette, et Georges Morin, ancien vice-président au développement des affaires. Le groupe comprend aussi Jean Monty, président de la firme d'investissement Libermont et ancien grand patron de BCE, le Français Daniel Bernard, président de Provestis et président du conseil du quincaillier européen Kingfisher, de même qu'un fonds international de capital-investissement privé. Cosmos avait également annoncé à ce moment sa convention de blocage avec Burgundy. Cossette avait alors répondu, de son côté, qu'elle formait un comité spécial pour étudier l'offre.

Ce comité a indiqué, le 4 août, qu'il mandatait BMO Marchés des capitaux comme conseiller financier et Ogilvy Renault comme conseiller juridique; il avait aussi souligné qu'il recommandait aux actionnaires de reporter toute décision ou démarche en réponse à l'offre. Puis, la même journée, Cossette a annoncé avoir adopté un régime de droits des actionnaires visant à empêcher que les membres de Cosmos prennent le contrôle de l'entreprise en accumulant progressivement des actions. En vertu de ce nouveau régime, entré en vigueur le 4 août, Cossette se donne le droit de mettre en vente des actions de la société "à la moitié du prix du marché", dans le but évident de diminuer l'importance de l'actionnariat de Cosmos.

Cosmos avait, de son côté, Cossette de lui donner accès à ses livres, soulignant son inquiétude face au peu d'empressement de Cossette quant à l'avancement du dossier. La date d'aujourd'hui (lundi 17 août) est d'ailleurs l'échéance qu'avait fixée Cosmos à Cossette pour lui donner accès à ses livres.   

Cossette avait par ailleurs émis, le 12 août, une mise au point à propos de son régime de droits des actionnaires. L'agence soulignait avoir été informée par la Bourse de Toronto que la décision quant à l'acceptation du régime de droits serait reportée jusqu'à ce que la Bourse ait été informée que la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario n'interviendrait pas. 

L'action de Cossette se négociait à 5,10$ à la fermeture des marchés vendredi. Cosmos propose 4,95$ l'action. Avant l'annonce de l'offre d'achat non sollicitée, le titre se négociait à 3,25$.

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