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Christophe Perez: "En marketing mobile, il ne faut jamais frustrer l'utilisateur"

Christophe Perez, chef de projet de BlueTouchCommunication
Dominic Gagnon, président de Piranha agence tactique

Le marketing mobile, apparu en France depuis quelques années, amorce une percée sur le marché canadien. Dominic Gagnon, président de Piranha agence tactique, et Christophe Perez, chef de projet de BlueTouchCommunication en France et partenaire exclusif de Piranha, parlent des avancées technologiques et des défis du marketing mobile.

En France et au Canada, le marketing mobile a-t-il rencontré des barrières à son introduction, par exemple en matière de réglementation?
Christophe Perez: Il faut être vigilant et mener les campagnes intelligemment. Par exemple, le contenu doit s'adapter à l'écran de l'appareil mobile qui le reçoit. C'est une recommandation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), tout comme le fait de demander l'acceptation ou le refus à l'utilisateur. De plus, il est préférable de travailler dans des rayons plus restreints, afin de ne pas solliciter des gens qui ne veulent pas l'être. Les deux grands axes sont de toujours respecter la marque et ne pas frustrer l'utilisateur.
Dominic Gagnon: Dans le cas du Bluetooth, il ne peut y avoir de réglementation du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, puisque nous utilisons les ondes à courtes distances. Au Canada, le frein concerne plutôt les forfaits qu'offrent les entreprises. Les coûts liés à l'internet mobile sont très élevés. Développer des sites mobiles devient ainsi plus difficile, puisqu'ils coûtent très cher à consulter pour les utilisateurs. Aussi, lorsqu'il y aura une déréglementation des télécommunications, la voie au marketing mobile va davantage s'ouvrir.

Aujourd'hui, où en est le marketing mobile en France?
C. P.: Beaucoup de sites mobiles sont développés. Des campagnes avec des codes barre 2D, ou code QR, sont menées. La presse économique et grand public introduisent de plus en plus de code barre 2D, qui permettent de transformer le contenu du journal en contenu en ligne. Nous travaillons avec des applications Java, téléchargées dans le téléphone et qui restent à la disposition de l'utilisateur pour qu'il puisse échanger avec la marque. Des cartes de fidélité mobiles, qui reprennent le concept du code barre 2D, ont aussi été développées.

Pouvez-vous donner un exemple de campagne?
C.P.: BlueTouchCommunication a réalisé une campagne dans des restaurants McDonald's de Paris. L'objectif de l'annonceur était de diffuser un contenu à caractère écologique pour montrer ce qu'il pouvait faire en matière d'environnement. Une signalétique avait été installée dans les succursales, notamment des adhésifs sur les tables, pour sensibiliser les consommateurs à l'ouverture de leur Bluetooth. Les gens pouvaient envoyer un message texte afin de participer à un jeu-concours organisé par Nokia. Cela permettait à Nokia de collecter des numéros en base de données et de promouvoir la marque directement sur le téléphone mobile.
D.G.: Nous avons remarqué qu'avec le Bluetooth, la sensibilisation des gens est très importante. Il faut une signalétique pour leur indiquer de l'activer. C'est particulièrement vrai au Québec, parce que le marketing mobile est assez récent. Les gens ont encore tendance à croire que le Bluetooth est le même procédé qu'un SMS ou que le contenu est payant, ce qui n'est pas le cas. La succursale de McDonald's qui présentait le moins de signalétique est celle où il y a eu le moins de téléchargements.

Comment entrevoyez-vous l'avenir du marketing mobile?
C.P.: Les gens vont adhérer à un service parce que le message correspond à leurs attentes. Le consommateur entreprend la démarche d'aller chercher du contenu, parce que ce dernier correspond à un besoin ou offre une valeur ajoutée.
D.G.: Par exemple, il est maintenant possible d'acheter des billets d'avion avec son téléphone mobile. La technologie des paiements bancaires est en développement ainsi que la technologie sans contact.

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