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Controverse autour de la création du nouveau Fonds des médias

La création du Fonds des médias par Patrimoine canadien crée beaucoup de remous, notamment quant à l'élimination de l'enveloppe privilégiée pour Radio-Canada/CBC et au financement de la production web.

Selon le Parti Libéral du Canada et le Bloc québécois, cette décision constitue une attaque contre la télévision publique. "Qu'ils disent ce qu'ils pensent tout bas, c'est-à-dire qu'ils veulent chambarder Radio-Canada", a dit Pablo Rodriguez, porte-parole de l'opposition officielle chargé du patrimoine canadien et des langues officielles."J'ai vu en Chambre tout à l'heure [...] les Conservateurs applaudir dès lors qu'on disait que Radio-Canada pouvait disparaître. Ils semblaient fiers de ça. Si l'on connaît leurs discours dans le passé, c'est inquiétant", a commenté Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois.

La Fédération nationale des communications (FNC), tout en se réjouissant, "que le nouveau fonds mette fin au quasi-monopole consenti aux producteurs indépendants dans la production de la programmation canadienne et que le biais financier cesse d'influencer les choix de programmation", se préoccupe du sort réservé à Radio-Canada. Elle déplore le fait que la nouvelle structure de financement favorisera la distribution des fonds en fonction des cotes d'écoute. "Les règles devront tenir compte de la particularité du radiodiffuseur public", a dit par communiqué Chantale Larouche, présidente de la FNC.

L'Union des artistes (UDA) et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (Sartec) se disent pour leur part perplexe face à l'annonce du nouveau Fonds. Elles "remettent fortement en question les nouvelles règles de gouvernance qui assimilent les obligations réglementaires des câblodistributeur à des contributions privées et leur donnent une place prédominante au nouveau Conseil d'administration du Fonds des médias par la nomination de cinq de ses sept membres." Elles s'inquiètent aussi de l'importance "démesurée" accordée aux mesures d'audiences. "En ce sens, l'abolition des enveloppes réservées soulève de fortes craintes pour l'avenir de la programmation de Radio-Canada, de Télé-Québec et de TFO. Elles se disent toutefois satisfaites que le gouvernement poursuivre ses investissements dans la production et "n'entérine pas la recommandation du CRTC à l'effet de scinder en deux entités le Fonds canadien de télévision."

Même son de cloche du côté de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), qui estime que ces nouvelles règles feront diminuer l'offre télévisuelle en contenus culturels de haut niveau. Elle craint également, tout comme le syndicat d'acteurs Actra, que le point de vue des créateurs ne soit pas pris en compte au moment de l'attribution du financement.

Pour sa part, le Regroupement des producteurs multimédia (RPM) déplore que le ministre James Moore ne détaille par la façon de mettre de l'avant la production de contenu exclusif aux nouveaux médias. En ce sens, le RPM, sans s'opposer à la fusion des deux fonds, souhaite que le financement du contenu original sur les nouveaux médias, non lié à des émissions de télévision, soit préservé et même accentué. "Dans un contexte où les Canadiens, dont la nouvelle générations d'internautes, sont de plus en plus de grands consommateurs de contenu exclusif aux nouveaux médias, il faut absolument donner la chance à des entreprises capables d'initier des projets, à forte valeur culturelle et économique, sur des plateformes médiatiques autre que la télévision", a commenté par voie de communiqué Marc Beaudet, président du RPM.

Le Fonds des médias, né de la fusion entre le Fonds canadien de la télévision et le Fonds des nouveaux médias, vise à assurer la production d'émissions canadiennes et leur diffusion sur plusieurs plateformes, notamment le web. (voir l'article)

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