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Joe la Pompe: "Je ne suis pas Jacques Séguéla!"

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Le blogueur et chasseur de plagiats Joe la Pompe, qui a donné une conférence à Montréal mardi soir à l'occasion de la Semaine de la publicité, a accepté de répondre aux questions d'Infopresse, toujours caché sous sa cagoule, afin de préserver son anonymat.

Pourquoi vous cachez-vous?
J'ai un poste créatif dans une agence, en France, et quand on fait une proposition à un directeur de création, on nous répond souvent que ce qu'on propose a déjà été vu. C'est une excuse commode, ça met fin aux discussions. Au bout d'un moment, je me suis dit "Très bien, on va vérifier". J'ai regardé dans les campagnes que mon directeur de création avait sorties, et j'ai retrouvé des pubs similaires parues avant. Ça a donc commencé comme ainsi, comme un jeu. J'ai ensuite mis ce boulot sur internet, et cela a vite eu quelques répercussions. J'ai été étonné du côté polémique, et pour éviter trop de conséquences, j'ai décidé de me cacher. Une fois devenu Joe la Pompe, les gens trouvaient ça amusant. Mais à Paris, je ne donne pas de conférences comme ici, à Montréal. Même cagoulé!

Dénichez-vous tous ces plagiats vous-même ou bien des dénonciateurs vous aident?
La plupart viennent de moi. Tout seul. Certains pensent que Joe la Pompe est une équipe, mais ce n'est pas le cas. Toutefois, c'est vrai que je reçois beaucoup de courriels des quatre coins du monde. Par contre, parmi ces messages, peu sont réellement exploitables. Certains créatifs, à fleur de peau, voient des plagiats partout, alors que, souvent, un seul élément a été repris. Il s'agit davantage d'inspiration que de copie.

Y a-t-il des régions ou des agences spécialistes du plagiat?
On en retrouve plus dans certaines régions, ces derniers temps. Je pense au Moyen-Orient et à la Chine. Mais l'on ne peut pas vraiment leur en vouloir: ils commencent à peine à produire de la pub en masse. Par contre, ils se mettent parfois à envoyer leurs créations à des concours internationaux, et ça devient un peu bizarre. Je pense qu'il s'agit plus de méconnaissance que de volonté de plagier. Je crois même que, dans la plupart des exemples que je montre, il est rarement question de vraie volonté de plagier. Il y en a, c'est sûr, mais ça n'est pas la majorité. Cela dit, ça n'excuse pas grand-chose, les agences devraient vérifier chaque fois si leur travail est vraiment original. Ça prend du temps, c'est sûr, mais il ne me suffit parfois que de 10 minutes pour retrouver un original.

Vous sentez-vous plutôt aimé ou détesté de l'industrie?
Avec le personnage, on a tendance à croire que je suis haï. Certains journalistes ont écrit des papiers sur moi en titrant "L'homme dont tout le monde veut la peau", c'est plus vendeur! Mais 99% des courriels que je reçois sont pour m'encourager. C'est sûr que quelques personnes visées par ce que j'ai publié m'ont contacté. La plupart du temps pas pour m'insulter, mais pour se justifier. Dans mon agence, j'ai déjà entendu quelqu'un regarder mon site en disant "Celui-là, si je le tiens, je lui mets mon poing dans la gueule!". Sinon, un collègue proche, que je côtoie tous les jours et avec qui je m'entends très bien, m'a envoyé un courriel dans lequel il me traitait d'enfoiré. Mais à part ce genre d'anecdote, rien de sérieux.

Et personne ne sait qui vous êtes, alors?
Si. Ma famille, certains amis, ce n'est pas vraiment le secret du siècle. Certains ont dit que j'étais Jacques Séguéla. Je crois que vous pouvez confirmer que ça n'est pas vrai!

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