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Ottawa tourne le dos à l'économie verte

Des environnementalistes aux ingénieurs, de nombreuses voix s'élèvent contre le manque de vision du budget fédéral en matière d'économie verte et de soutien aux énergies renouvelables. Pour l'organisation Equiterre, ce budget est une "aberration" qui démontre que le gouvernement Harper est "incapable d'être proactif et d'adopter une vision moderne." "Le discours économique de l'administration Obama a fait entrer les Etats-Unis dans le XXIe siècle ; celui de l'administration Harper emprisonne le Canada dans les vieilles mentalités du passé", dit le porte-parole de l'ONG, Steven Guilbault.

Equiterre reproche notamment au gouvernement de ne pas aborder une seule fois les termes solaire ou géothermie dans son budget, des formes de production d'énergie qui se trouvent pourtant au centre des plans de relance de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l'Allemagne. "Les infrastructures vertes, les transports collectifs, les rénovations éco-énergétiques et les énergies renouvelables n'ont récolté ni plus ni moins qu'une poignée de petit change", dit Steven Guilbault. "Pour le gouvernement Harper, l'environnement est un frein à l'économie canadienne, ajoute-t-il. Pour l'administration Obama, et pour les gouvernements français, allemand et japonais, investir dans l'environnement est vu comme une façon de stimuler l'économie, de créer des emplois et de bâtir la société du XXIe siècle. C'est le jour et la nuit."

Même déception du côté de l'Association canadienne de l'énergie éolienne qui regrette que ce budget ne prévoit aucun fonds pour son programme ÉcoÉnergie, un programme fédéral créé en 2007 destiné à  soutenir la réalisation de nouveaux projets d'énergie renouvelable. "Ce budget réduira notre capacité à faire concurrence aux Etats-Unis pour attirer des investissements dans des projets de parcs éoliens et dans le secteur manufacturier, dit le président de l'association, Robert Hornung. Au moment où les Etats-Unis font du soutien aux projets d'énergie renouvelable un élément clé de leurs plans visant à stimuler l'économie de leur pays, le Canada, lui, s'engage dans la direction contraire."

L'association rappelle que d'ici 2020, les investissements dans l'énergie éolienne à l'échelle mondiale devraient atteindre quelque 1000 milliards $ et créer plus de 1,75 million d'emplois.

"L'environnement est le grand perdant", estime pour sa part le Réseau des ingénieurs du Québec qui, tout en saluant les 11,8 milliards$ alloués aux infrastructures, se dit "déçu que le gouvernement ne prenne pas de virage vert pour relancer l'économie du XXIe siècle." "Nous aurions aimé voir inscrites dans le budget des mesures environnementales axées vers l'avenir", dit Etienne Couture, président du Réseau.

L'association propose par exemple la création d'un programme destiné au PME afin de soutenir des projets d'évaluation et d'amélioration environnementale, et le soutien à l'embauche de jeunes ingénieurs pour aider ces PME à innover afin d'améliorer leurs performances environnementales. "Ces mesures aideraient non seulement les entreprises à rester compétitives dans un contexte de crise économique, mais elles leur seraient également bénéfiques dans un monde de plus en plus axé sur le respect de l'environnement", ajoute Etienne Couture.

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