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RIP, les RP? Jamais!

André Bouthillier, président de Communications André Bouthillier

Dans le numéro de janvier-février du magazine Infopresse, André Bouthillier, président de Communications André Bouthillier, fait le point sur l'image de l'industrie des relations publiques, souvent ternie par ses détracteurs.

"Certains pseudo-critiques se plaisent à associer les relations publiques à l'«industrie du mensonge».

Je suis toujours choqué d'entendre de fins observateurs parler d'«opérations de relations publiques» ou encore traiter les relationnistes (quel nom affreux!) de manipulateurs des journalistes. Notre fidèle ami Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'Uqam, rétorquait avec justesse, dans La Presse, en septembre 2007, qu'il fallait arrêter «de stigmatiser les méchants relationnistes dont la vocation serait, selon certains, d'être des obstacles à la vérité». 

L'un des plus ardents pourfendeurs des relations publiques est Roger Lenglet, philosophe et journaliste français. Dans sa préface au livre "L'Industrie du mensonge: lobbying, communication, publicité & médias", de John Stauber et Sheldon Rampton, il assassine les cabinets de relations publiques, coupables, selon lui, de mener des opérations de manipulation de l'opinion publique.

«L'immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d'accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de l'industrie du mensonge», prétend-il.

Il ne faut vraiment pas nous accorder beaucoup d'intelligence pour penser que nous avons si peu de respect envers les divers publics cibles! Comment pourrions-nous faire partie de l'industrie du mensonge sans perdre notre réputation, sans faire oublier le formidable dynamisme des cabinets de relations publiques créés par des professionnels d'ici?

Pour faire accepter le projet Griffintown, nous avons travaillé sans relâche en concertation avec le milieu du sud-ouest de Montréal. Car tous les organismes locaux avaient encore en mémoire le projet mort-né du nouveau casino. Nous n'aurions pu réussir en présentant une fausse information ou en maquillant la réalité. Pratiquer les relations publiques, c'est constamment jouer cartes sur table. 

Premier à saisir l'importance de l'opinion publique, Talleyrand déclarait, en 1821: «De nos jours [sous Louis XVIII], il n'est pas facile de tromper longtemps. Quelqu'un a plus d'esprit que Voltaire, plus d'esprit que Bonaparte, plus d'esprit que chacun des directeurs, que chaque ministre passé, présent et à venir, c'est tout le monde.» Les cabinets de relations publiques auraient-ils moins de lucidité que ce génie de la diplomatie?

Revenons à Lenglet. Se référant à internet, il affirme que nous sommes plus vils que Machiavel, dont la philosophie avait au moins comme finalité la défense de l'intérêt général! «La Toile, écrit-il, est plus qu'un système de veille pour tous les sujets qui concernent l'entreprise, c'est un outil qui permet de contrôler l'information et de la diriger, d'en connaître les sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et de dissimulation. On pourrait aussi évoquer les techniques de relégation des sources d'information gênantes en saturant régulièrement certains thèmes et en occupant le terrain des réponses sélectionnées par les moteurs de recherche sur les sujets sensibles.»

Force est d'admettre que nous devons demeurer vigilants et convaincre nos clients et employeurs de s'en tenir rigoureusement à la transparence. En souhaitant que nous nous en tenions tous aux règles de confiance et de professionnalisme pour ne jamais donner raison à des auteurs de livres sur l'industrie du mensonge. Et à ce monsieur Lenglet, je dis qu'il ne pourra jamais conclure: «RIP les RP»...»

André Bouthillier, président de Communications André Bouthillier

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