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La pub rend hommage à Tasso

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Anastasio Saltaris, plus connu sous le nom de Tasso, propriétaire du restaurant Psarotaverna du Symposium et confident et ami d'une génération de publicitaires, est décédé lundi.

Certains de ses fidèles convives ont souhaité lui rendre hommage. Voici leurs textes:

"La petite mer publicitaire a perdu son port ce matin.
Tasso, "notre" Grec, est parti en fumée voir si Zorba faisait toujours le con sur les rivages du paradis.
Tasso, c'était ce petit port grec sur la côte de Saint-Denis où les marins d'un métier de colporteurs venaient jeter l'ancre le temps de faire une pub, de refaire un métier.
Tasso, c'était ce petit sourire en coin au zézaiement irréziztible qui, sur un bout de nappe à carreaux bleu et blanc, nous ouvrait un poisson, nous ouvrait son coeur.
Michel (Mergaerts) et moi l'avions connu un soir de 87, l'un de ces soirs francophones à l'heure où le Mondial de Montréal voyait débarquer, à l'invitation de Zean-Zacques, des publicitaires d'autres rivages. Il y avait ce soir-là Roger et son fidèle André, Jean Morin, Ostiguy, bien sûr, et bien d'autres gueules de pub: ça parlait fort, ça parlait vrai, ça parlait rêves. François, le Chti, était déjà là pour assurer le ravitaillement...
Et puis moi, ayant immigré à l'automne 94. Tasso avait accueilli avec un panier de Crayola mes enfants encore tout secoués de découvrir ce coin de Grèce sur ce coin de Plateau: j'étais à bon port.
Les années ont filé et, chaque fois que la mer nous avait un peu malmenés, chaque fois que notre bateau grinçait de fatigue, nous rejoignions ce port, ce Tasso.
Et là, il nous accueillait comme des capitaines au long cours, des Ulysse conquérants, des naufragés miraculés et bien amarrés à une bouteille de Kouros. On se refaisait une santé, on se rebâtissait un moral, on rechargeait les soutes avant de remonter la voile.
Mais aujourd'hui, ce soir, sous ce ciel de neige qu'il n'aimait pas tant, je voudrais débarquer et le voir me lancer, devant sa grande table, le journal bien ouvert à plat et le chalumeau au coin de la bouche: "Alors, le Belze?".
Mais ce soir, il n'y a plus de Tasso, il n'y a plus de port, il n'y a plus de calamars, plus de crique de tendresse pour venir jeter l'ancre: juste ce coin de table à carreaux.
"Dis, Tasso, on fait quoi pour le poisson?".
Et merde. Il boude...". Patrick Beauduin, vice-président, chef de la création convergente, Cossette.

"Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l'un d'entre eux manquait à bord
C'est qu'il était mort
(Georges Brassens - Les copains d'abord)
Et Tasso s'en est allé.
25 ans que je le connaissais.
Des familles sont tristes à mourir.
Ma petite famille. Luce, Matthieu, Claudia et Maïa, Léa et Pierre Alexandre, Alexandra et Julie-Blanche. Que de fêtes, que d'anniversaires, que de souvenirs.
Ma famille publicitaire, Jean, Roger, Michel et André, Patrick et Michel, Robert, Paul et Jane, Carl, Nico et tant d'autres... pardon pour ceux que j'oublie.
Ma famille élargie, François, Denys, Luc, Louis... Maryse aussi, bien sûr Maryse.
Nous n'étions pas ses clients, il était notre hôte.
Tasso savait tout de nos familles. Il les aimait et ça se sentait. Il s'inquiétait des gens, des maladies, des histoires d'amour, des rumeurs, des naissances. Il en connaissait gros aussi sur nos jobs, nos "pitches", nos transferts, nos allées et venues. En fait, il en savait souvent plus que nous et, toujours, se montrait discret, comme un vrai pro.
Discret, il le fut jusque dans la nouvelle de sa maladie, que nous n'avons apprise que très tardivement.
Chez Tasso, j'y ai mangé tant de fois. Parfois même seul avec lui, à la table du fond, entre les feuillets de la Gazette et ceux d'un tabloïd grec, et le repas semblait différent. On était en soudain en Grèce. On parlait de Patras, sa ville de naissance, du cimetière juif de Salonique, de l'histoire du Péloponèse, du Politique de Platon, de philosophie, mais surtout de la vie. Grec dans l'âme, Tasso aimait la vie.
Et moi, j'aimais Tasso.
Adieu Tasso, Adieu", Jean-Jacques Stréliski, vice-président, directeur général associé, directeur de la planification stratégique et créative, Publicis.

Amen, l'agence qui a signé les plus récentes campagnes du restaurant, offre quant à elle un clin d'oeil imprimé à son fondateur.

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