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goodpurpose (3/3): Le consommateur exerce son pouvoir d'achat

Par William L. George, Vice-président principal et directeur de champs de pratique, responsabilité sociale et développement durable, chez Edelman Relations publiques.

Entre la surconsommation et la simplicité volontaire, il existe un concept qu'un nombre croissant de Canadiens ont adopté : la consommation responsable. Devant une foule de produits et face à une situation économique difficile, le consommateur canadien comprend qu'il doit faire des choix et autant, se dit-il, faire les bons! Les récentes données de l'enquête mondiale goodpurpose sur les attitudes des consommateurs canadiens démontrent que 87% des répondants sont prêts à changer leurs habitudes de consommation pour contribuer à rendre notre monde meilleur. Ainsi, le consommateur s'affirme, et non seulement utilise-t-il son pouvoir d'achat pour soutenir les causes en lesquelles il croit, mais il s'engage à le faire parler en son nom!

Les résultats de l'enquête nous permettent de dépeindre le profil d'un consommateur engagé et socialement responsable qui, conscient de son empreinte écologique, endosse les causes environnementales, et encourage et privilégie les causes de sa collectivité. Au-delà de ces constats, on y découvre aussi un consommateur bien plus "politisé" qu'on pourrait le croire. Le consommateur canadien a compris que l'argent pouvait lui servir de porte-voix auprès des grandes entreprises et des marques, et que son pouvoir d'achat pouvait agir comme moteur de changements.

Partant du fait que 84% des répondants pensent qu'ils peuvent personnellement changer les choses en soutenant une cause et que le niveau d'engagement le plus courant consiste à faire des dons monétaires (35%), l'importance du geste d'achat prend tout son sens pour le consommateur canadien. Les dons constituent le moyen privilégié par les Canadiens pour s'associer aux marques qui soutiennent les bonnes causes (37%). Le consommateur canadien, en décidant d'opter pour une marque plutôt qu'une autre, se positionne et envoie un message aux entreprises. Il leur communique qu'il endosse leur pratique consciemment et inconsciemment. Le consommateur canadien en est toutefois de plus en plus conscient puisque 3 Canadiens sur 10 achètent des marques qui soutiennent les bonnes causes aussi souvent que possible et qu'en dépit de la qualité (47%) et du prix (39%), c'est le but social qui prime dans les décisions d'achat (41%).

On a souvent reproché au Canadien son désintérêt envers les enjeux politiques, son faible taux de participation aux élections et son laxisme généralisé. Pourtant, il parle, il se positionne et fait des choix stratégiques. Il agit dans des sphères où il pense avoir le plus d'influence et de poids. Peut-être est-il désabusé de la politique, mais il n'en demeure pas moins qu'en posant un geste d'achat, le consommateur canadien vote pour ce qu'il veut voir changer ! Comme plusieurs, il a compris le pouvoir de l'argent!

Cet article est une contribution d'Edelman.

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