La référence des professionnels
des communications et du design

Malcolm Gladwell: ce que Bill Gates, les Beatles et Wayne Gretzky ont en commun

Dans son nouveau livre Outliers, Malcolm Gladwell, l'auteur des best-sellers The Tipping Point et Blink, qui sera bientôt à Montréal, développe une théorie qui va à l'encontre de plusieurs idées en vogue.

Dans Le point de bascule (The Tipping Point), Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, s'était intéressé aux facteurs, parfois anodins en apparence, qui contribuent à enclencher des phénomènes majeurs. Dans Intuition (Blink), il s'est penché sur les mécanismes et la valeur des décisions instantanées. Dans Outliers, offert dès demain en librairies, il s'est demandé ce qui favorise au juste le succès et l'émergence de ce qu'on appelle les prodiges, ou les génies. Outliers, explique-t-il, est un terme scientifique utilisé pour décrire des éléments ou des phénomènes qui se situent hors de l'expérience normale et attendue. Dans son ouvrage, il aborde des exemples et des expériences tels que le cheminement de Bill Gates, celui des Beatles, les étoiles canadiennes du hockey et le taux d'écrasement des avions dans divers pays.

Quelle est la principale conclusion que vous pouvez mettre de l'avant à partir d'Outliers?
La première chose, c'est que la notion de talent inné, de génie qui n'attend que d'être découvert, constitue un mythe. Dans tous les exemples sur lesquels je me suis penché, la même chose est ressortie. Les individus qui ont remporté un succès hors de l'ordinaire ont une chose en commun: ils ont travaillé, travaillé, travaillé encore. Je suis même arrivé à déduire une sorte de seuil critique: 10 000 heures. Pour prétendre être vraiment très bon dans quelque chose, que ce soit la musique, l'informatique ou le sport, il faut avoir derrière soi 10 000 heures de pratique.  

Mais qu'y a-t-il de tellement nouveau à faire ressortir ainsi les vertus de la pratique et du travail acharnés? Cela peut ressembler à une évidence.
Je me suis intéressé aux contextes qui contribuent à favoriser l'émergence de prodiges. Et j'y ai trouvé des éléments surprenants. Par exemple, sur les écrasements d'avions. Il ressort que la qualité et la compétence des pilotes étaient beaucoup liées à des facteurs culturels. En fait, ce qui est crucial, c'est la façon de composer avec la hiérarchie. Le taux d'erreurs se retrouve minimisé dans les cultures où la hiérarchie fonctionne bien, et favorise de bons échanges entre le pilote et le copilote. Il y a aussi des éléments intéressants dans le sport: dans Outliers, je me suis demandé pourquoi un nombre disproportionné de joueurs de hockey et de soccer professionnels sont nés en janvier, février et mars.

Votre discours va, d'autre part, presque à l'encontre de l'air du temps: on est à l'ère de la célébrité instantanée. Il n'y a qu'à regarder le succès de la télé-réalité.
Et je ne pense pas que, à terme, les célébrités instantanées vont réussir et laisser quelque chose de durable. On fait simplement créer et entretenir plus de faux espoirs que jamais.

Malcolm Gladwell sera le conférencier d'honneur à la 200e Journée-conférences Infopresse, le 3 décembre prochain, sous le thème "Réinventer l'innovation". Pour plus d'information, cliquez ici.

comments powered by Disqus