La référence des professionnels
des communications et du design

La TV mobile est-elle une valeur sûre?

L'avenir serait-il aussi rose qu'annoncé pour ce type de média? Une étude de l'IDATE analyse les perspectives économiques de la TMP


Doit-on s'enflammer pour la Télévision Mobile Personnelle? L'enquête de l'IDATE (l'Institut de L'audiovisuel et des Télécommunications en Europe) met en avant de fortes incertitudes sur le modèle économique et les espoirs de rentabilité de ce type de services.

Alors que les lancements effectifs ou annoncés d'offres de TV mobile broadcast se multiplient, les partisans du gratuit et du payant s'opposent sur la conduite à adopter. Les arguments et le rôle de chaque acteur (chaîne de TV et opérateur mobile) dans la chaîne de valeur reste encore à définir.

Que faut-il retenir de cette étude? Les résultats obtenus démontrent qu'un bouquet basique proposé à plus de 5-6 euros par mois en moyenne aura peu de chances de réunir assez d'abonnés pour générer  un chiffre d'affaires supérieur à ses coûts d'exploitation. Les partisans du gratuit misant sur une large audience pour se financer par la publicité ne seront pas mieux lotis. Le niveau de rentabilité sur le moyen terme ne pourrait assurer la pérennité du service.

D'autres facteurs sont aussi à prendre en compte: les offres payantes déjà en place n'ont pour l'instant pas rencontré le succès escompté. Ces résultats décevants s'expliquent notamment par des tarifs trop élevés.
Même si la gratuité des offres de TV mobile terrestre en Asie (Corée du Sud et Japon) a garanti le succès de ces services, elle n'a en revanche pas assuré sa rentabilité. La publicité, source exclusive de revenus, s'avère pour le moment largement insuffisante.

Pourtant, des solutions existent. Elles passent par une cohabitation accrue des acteurs du milieu. Selon l'étude, des partenariats entre les éditeurs de chaînes de télévision et d'opérateurs mobiles sont indispensables à la construction d'une chaîne de TV mobile équilibrée et viable. Les premiers assurent l'alimentation de l'offre en contenus et assument les coûts de diffusion, tandis que les seconds garantissent la distribution du service auprès du client final et subventionnent les terminaux compatibles. L'Etude anticipe surtout les risques d'une éventuelle fièvre du secteur prête à investir massivement sans être sûr des retombées économiques. L'horizon semble dégagé mais c'est aussi la limite de ce que l'on peut observer...

comments powered by Disqus