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À 20 ans, TV5 flirte avec les jeunes

TV5, qui lançait officiellement hier sa programmation d'automne, souffle ses 20 bougies: petit retour avec la présidente-directrice générale Suzanne Gouin.

Comment a évolué la station ces dernières années?
L'évolution la plus marquante, c'est qu'au départ, l'on nous percevait comme une chaîne franco-française et qu'aujourd'hui, nous sommes plus ancrés dans la réalité québécoise. Notre programmation canadienne est passée de 15% - ce qui respectait notre quota du CRTC - à 20% aujourd'hui.

La clientèle a-t-elle changé?
D'abord, elle s'est élargie. Aux heures de grande écoute, notre auditoire est passé de 0,8% en 1998 à 1,4% en 2008 (2+ écoute totale).

Quant au type de clientèle, traditionnellement, la chaîne attirait beaucoup d'hommes retraités. Mais nous voulions augmenter notre portée chez les 25-54 ans. Cette portion de l'auditoire a ainsi augmenté de 33% de 2006-2007 à 2007-2008. Et la proportion de femmes s'est accrue de 67%.

D'ailleurs, notre programmation de l'automne reflète cette volonté de nous adresser à un public plus jeune, avec des émissions comme "Club Social", [animée par l'humoriste François Parenteau, elle regroupe des jeunes chroniqueurs qui pistent les tendances de société] et "Müvmedia" [une parente de la "Course destination monde", produite au Québec, mais avec des concurrents du Québec, de France et de Belgique].

Et en matière de programmation?
Quand je suis arrivée, en 2002, il y avait plein de "shows de chaises" à TV5. Maintenant, il n'y en a plus. Nous sommes donc parvenus, avec de petits budgets et en travaillant très fort avec les producteurs, à proposer des émissions d'envergure qui offrent une grande variété et une facture moderne.

Vous avez introduit la publicité il y a trois ans. Quel bilan en tracez-vous?
Excellent. L'augmentation des ventes de 2006-2007 à 2007-2008 est de 140%. Nos meilleurs annonceurs au cours de cette période ont été la Banque de Montréal, CAA Québec, Dell, Coppella Olivi et L'Oréal.

Vous avez choisi de diffuser de la publicité à l'intérieur de vos émissions. Quel constat en faites-vous?
Certaines émissions comportent maintenant des pauses, mais cela exclut les nouvelles et le cinéma. Nous avons aussi décidé de nous limiter à huit minutes de publicité à l'heure. Nous avons parfois refusé de vendre des occasions supplémentaires, mais nous l'assumons, puisque nos annonceurs cherchent un type de clientèle précis.

Parmi les nouveautés de l'automne 2008 à TV5, on compte les productions québécoises "Facteur Humain", qui compare les us et coutumes d'une région à l'autre de la francophonie, et "Expression", qui pénètre dans les ateliers d'artistes d'ici. Autre production du Québec, "Humanima" présente le rapport étonnant d'un particulier avec les animaux. L'émission française "Panique dans l'oreillette" offrira sur un grand plateau des entrevues avec des étoiles françaises, mais dont les questions sont soufflées par les proches de l'artiste à l'oreille de l'animateur. La série "Fais pas ci, fais pas ça" est une fausse télé-réalité mettant en vedette deux familles françaises aux modes d'éducation opposés. La série "SOS 18" met en vedette les pompiers d'Angoulême. Enregistrée devant public, "Boîte à musique" propose des jeux et des réinterprétations des grands classiques de la musique. Enfin, Luck Merville est de retour, avec "3950".

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