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Les publicitaires coulent leurs classes vertes

Daniel Normandin, directeur exécutif du Ciraig, un organisme québécois réputé mondialement en matière de développement durable, se préoccupe du peu de connaissances qu'ont les publicitaires de ces enjeux. 

L'organisme qu'il dirige, un centre de recherche interuniversitaire sur l'analyse du cycle de vie, a entre autres pour mission d'aider les entreprises dans leurs démarches de développement durable. Le Ciraig a, par exemple, soutenu Rona dans le développement de sa gamme de produits maison écologiques, lancée en avril dernier.

Daniel Normandin était invité la semaine dernière à la Journée-conférences Grafika sur le packaging durable. Infopresse l'a interviewé à cette occasion.

En quoi pouvez-vous aider les entreprises? Par exemple, quelle était la nature de votre travail avec Rona?
Sur la base de l'analyse du cycle de vie, nous avons aidé l'organisation à identifier les fabricants proposant les produits les plus respectueux de l'environnement. Et nous aidons leurs fournisseurs à diminuer l'empreinte écologique de leurs articles.

Qu'est-ce que l'analyse du cycle de vie?
L'analyse de cycle de vie (ACV) permet de quantifier les impacts environnementaux potentiels d'un produit ou un service: de l'extraction des matières à sa fin de vie utile, en passant par son transport, son utilisation, etc. 

Pourquoi les communicateurs devraient-ils s'intéresser à ce concept?
Il y a beaucoup de "greenwashing" en ce moment; c'est-à-dire que des entreprises se vantent à tort et à travers de poser des gestes verts. Or, l'ACV est le seul outil crédible pour mesurer l'impact environnemental réel d'une décision. Il arrive que certaines initiatives semblent écologiques, alors qu'elles aggravent la situation. Nous avons par exemple travaillé avec un regroupement de pharmaciens. Pour réduire leur empreinte écologique, ils songeaient notamment à utiliser des crayons recyclables... En appliquant l'ACV, nous avons constaté que l'impact le plus nocif de leur pratique provient du déplacement de leurs pharmaciens. C'est là-dessus qu'il leur fallait travailler.

En quoi est-ce que cela touche les communicateurs?
Les publicitaires doivent se familiariser avec les notions de base du développement durable. En étant formés, ils seront plus en mesure de questionner leurs clients sur la crédibilité de leur démarche. Ils ont intérêt à le faire, parce qu'autrement, avec la rapidité d'Internet et la présence de chiens de garde, les risques sont importants. Il nous arrive de collaborer avec eux et nous sommes constamment en train de les renvoyer à leur table de travail. Il y a beaucoup à faire.

Cette nouvelle est produite avec la collaboration de Novae.ca, le site d'actualité du développement durable.

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