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À la suite d'une récente campagne de Greenpeace contre sa marque Dove, Unilever s'engage à modifier ses pratiques d'approvisionnement.

Lancée à la fin d'avril, l'offensive de l'organisation écologiste reprend à son compte le concept de la publicité "Matraquage", qui fait suite à la célèbre pub de Dove, "Évolution". La version de l'ONG dénonce le fait que plusieurs des produits de beauté fabriqués par la multinationale contiennent de l'huile de palme, dont la culture détruit les forêts indonésiennes.

Le groupe international a réagi quelques jours après, par la voix de son président, Patrick Cescau. Unilever s'engage à utiliser de l'huile de palme durable dès le second semestre de 2008 et se fixe l'objectif de s'approvisionner exclusivement en huile certifiée d'ici 2015.

Le groupe promet, en outre, d'aider ses fournisseurs à respecter ces nouveaux critères, en obtenant des certifications pour leurs propres plantations ou pour les huiles qu'ils achètent auprès d'autres producteurs.

Unilever a également annoncé qu'il soutiendrait la demande de moratoire de Greenpeace sur de nouvelles plantations de palmiers à huile qui contribueraient à détruire les forêts anciennes et les tourbières d'Indonésie.

Mylène Forget, présidente de Massy-Forget relations publiques et spécialiste de la gestion de crises, a noté avec intérêt la réaction d'Unilever. "D'abord, elle a été rapide. Moins de deux semaines, c'est peu pour une multinationale, surtout étant donné la complexité du dossier, explique-t-elle. Ensuite, l'entreprise a communiqué des objectifs qui semblent réalistes. La date de 2015 apparaît éloignée, mais elle a plus de chance d'être crédible que si elle se donnait deux ans. Par ailleurs, et c'est très important, elle a aussi fixé des objectifs à court terme, ce qui montre qu'elle ne se croise pas les bras entre temps."  

Elle note aussi la collaboration entamée avec Greenpeace. "Au lieu d'en faire des opposants, ce qui est le type de relation traditionnelle, ils ont commencé à travailler ensemble."

Mylène Forget est cependant dubitative quant à l'élément déclencheur de ces mesures. "On est en droit de se demander pourquoi Unilever a attendu que Greenpeace fasse pression sur l'entreprise. Elle savait tout cela bien avant. Mais au moins, elle a réagi de façon exemplaire."

Enfin, l'experte pense que cette affaire aura des retombées positives sur Unilever. "Cette campagne sensibilisera les actionnaires à la fragilité de l'image de l'entreprise... et aux éventuelles répercussions sur ses revenus! Ils seront aussi plus à même de comprendre ses investissements massifs en développement durable."

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