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Trois questions sur la Web télé

Brahm Eiley, président de Convergence Consulting Group, fait part des conclusions d'une étude réalisée par son cabinet portant en partie sur les défis de la télé sur le Web.

Intitulée "The Battle for the North American Couch Potato: New Challenges & Opportunities in the Content Market", l'enquête parue la semaine dernière repose entre autres sur des rapports annuels des télédiffuseurs, des entrevues et des groupes de discussion.  

Votre étude affirme: "[...] il n'y a pas de raisons économiques pour que les télédiffuseurs généralistes canadiens ou les chaînes spécialisées abandonnent la télévision traditionnelle ou accélèrent une transition complète en ligne". Pouvez-vous expliquer?
Les télédiffuseurs tirent 3,4 milliards$ de la publicité télé au Canada. Et l'on estime à 1,7 milliard$ les revenus issus des frais de programmation pour les divers distributeurs: câble, satellite, etc. Le Web est loin de générer de tels revenus. La raison est simple, il y a beaucoup moins de publicité en ligne; environ 4 minutes à l'heure, contre 14 minutes à la télé. Et les coûts par mille sont beaucoup plus bas. De plus, les diffuseurs mettent peu de contenu en ligne, soit parce que le public ne semble pas intéressé ou parce qu'ils n'en détiennent pas les droits.

Alors, quel est le rôle du Web pour les télédiffuseurs?
À court terme, le Web doit être complémentaire de la télé. Il ne pourra pas la remplacer, du moins sur un horizon prévisible. Nous avons calculé que les revenus de la Web télé représentaient 1% de l'ensemble des revenus télé des diffuseurs. D'ici 2011, ce chiffre pourrait monter à 5%. Alors, nous conseillons aux télédiffuseurs de faire du multiplateforme.

Mais les chaînes diffusent peu de contenu en ligne. Pourquoi?
Pour les télédiffuseurs du Canada anglais, cette approche est plus difficile parce qu'ils diffusent beaucoup d'émissions américaines dont ils ne détiennent pas nécessairement les droits pour la diffusion Web. Mais s'ils peuvent les acquérir et en tirer profit, ils devraient alors avancer dans ce créneau. On voit toutefois quelques initiatives. CTVglobemedia a obtenu de Viacom les droits pour diffuser Comedy Central sur le Web au Canada, tandis que Corus possède les droits pour Nickleodeon. Au Québec, la question tient souvent plus aux droits d'auteur que les diffuseurs doivent acquérir pour diffuser en ligne. Mais je crois que nous verrons de plus en plus d'initiatives. Aux États-Unis, on a recensé une vingtaine d'émissions diffusées entièrement sur le Web.

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