La référence des professionnels
des communications et du design

Le CRTC remet à plat le modèle télé

Le CRTC ouvre aujourd'hui le débat à propos de nombreux aspects du modèle d'affaires de la télévision canadienne, lors d'audiences publiques que les observateurs décrivent comme sans précédent.

"Il s'agit du premier examen global des entreprises de distribution de radiodiffusion (EDR) et des services de programmation facultatifs depuis 1993. Aussi, nous sommes en présence de plusieurs enjeux", souligne le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Konrad von Finckenstein, dans l'allocation d'ouverture, dont le contenu a été diffusé hier.  

L'un des sujets chauds de ces audiences sera la question des redevances d'abonnements perçues par les câblodistributeurs, dont une portion est reversée, pour l'instant, uniquement aux chaînes spécialisées. Les chaînes généralistes, comme TVA, CTV, TQS et Radio-Canada, voudraient aussi avoir accès aux sommes payées par les abonnés du câble et du satellite.

Mais c'est loin d'être la seule question d'importance qui sera abordée lors de ces audiences. Ainsi, on examinera entre autres la possibilité d'ouvrir davantage le marché aux chaînes spécialisées américaines. "Pour l'instant, chaque cas est examiné un par un par le CRTC, qui donne ou non son aval. explique Richard Paradis, président du Groupe CIC, une firme de consultation spécialisée en radiodiffusion. Les câblodistributeurs et les satellites demandent de complètement libéraliser ce champ-là."

On se penchera aussi sur le pourcentage de chaînes canadiennes que les distributeurs sont tenus d'offrir. "C'est du jamais vu dans l'histoire du CRTC, ils vont vraiment tout ouvrir, dit Richard Paradis. Or, on a un système fragile dans son ensemble. Et dès qu'on change quelque chose sur un élément du système, il y a un impact sur plusieurs aspects, dans tous les secteurs. On ouvre un peu une boîte de Pandore. L'important, pour le CRTC, sera la capacité de bien juger les propositions de toutes les parties et de garder un équilibre."

Plusieurs joueurs ont déposé des mémoires à ce sujet. Ainsi, Radio-Canada souligne que les médias ne peuvent plus jouer adéquatement leur rôle, entre autres en matière de contenu canadien et d'investissement dans la production canadienne. TQS, Quebecor, CTV et Rogers mettent aussi de l'avant, chacun à sa façon, leur point de vue sur la question. "Quebecor est à la fois un distributeur et un diffuseur, souligne Richard Paradis. L'entreprise demande une redevance pour TVA en tant que diffuseur. Et en tant que distributeur, elle demande une flexiblité et une liberté pour les services offerts et pour les montants que les abonnés doivent payer."

On prévoit que les audiences dureront environ trois semaines, donc se terminer au début de mai. "Depuis l'entrée en fonction du président actuel, les décisions sortent très rapidement", observe Richard Paradis, qui prévoit qu'une décision sera rendue deux ou trois mois après la fin des audiences, soit au plus tard en juillet prochain.

comments powered by Disqus