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L'achat de TQS par Remstar est bien accueilli

L'achat de TQS par Remstar, annoncé hier, suscite à prime abord des réactions favorables chez les spécialistes en stratégie médias.

L'offre d'achat de TQS par Remstar, entreprise montréalaise de production et de distribution de films, a été entérinée par la Cour supérieure du Québec hier en mi-journée. On avait appris, en matinée, que le conseil d'administration de la chaîne avait accepté, mardi dernier, l'offre de Remstar.

"C'est très positif, dit Patricia Heckmann, chef des opérations de Carat Montréal. À tous égards, on pense que ça va dynamiser le marché. Comme c'est un joueur issu du milieu de la production, on peut espérer un apport intéressant quant au contenu. Qu'il s'agisse d'un relativement petit joueur, plutôt que d'un grand conglomérat, permet de s'attendre à de la flexibilité et de l'ouverture d'esprit."

Peu connue dans les milieux traditionnellement liés à la télédiffusion, au marketing et à la publicité, Remstar l'est davantage dans la production cinématographique. L'entreprise appartient aux frères Maxime et Julien Rémillard; leur père, Lucien Rémillard, possède notamment l'hôtel St-James et a fait fortune dans la gestion des déchets.

"Remstar va bientôt fêter son 10 anniversaire, souligne Richard Paradis, président du Groupe CIC, une firme de consultation spécialisée auprès en radiodiffusion. Elle a commencé dans la distribution de films, mais s'est assez rapidement orientée vers la production. Ses dirigeants semblent avoir bien mené leur entreprise jusqu'ici, en maîtrisant les rouages de ce domaine."

TQS, que ses propriétaires Cogeco et CTVglobemedia ont décidé de vendre, s'était placé à l'abri de ses créanciers en décembre. Depuis, une dizaine d'acheteurs potentiels s'étaient manifestés auprès du syndic. Quatre d'entre eux avaient soumis une offre d'achat.

"Il faut croire que c'est Remstar qui a le mieux mis en valeur ce qu'elle pouvait faire, tout en faisant valoir sa capacité au niveau financier, poursuit Richard Paradis. Et c'est vrai qu'ils sont sans doute susceptibles d'apporter une nouvelle lancée." Il faut encore que les créanciers de TQS, en assemblée le 29 avril, approuvent la transaction. Elle devra ensuite être approuvée par le CRTC, puis le Bureau de la concurrence

"Le simple fait qu'il y ait un acheteur constitue une bonne nouvelle, dit pour sa part Alain Desormiers, président de Touché!phd. Ça aurait été d'une grande tristesse de voir TQS disparaître. L'existence d'un troisième réseau a beaucoup contribué à garder les autres sur le qui-vive. Et c'est sûr que comme acheteurs médias, on préfère traiter avec trois joueurs, plutôt que de se retrouver en face d'une sorte d'oligopole." 

Le spécialiste soulève quand même certaines questions. "Maintenant, il faudra voir ce que pourra faire Remstar, étant donné son peu d'expérience en télé et l'absence de médias convergents, poursuit Alain Desormiers. Comment pourront-ils faire mieux que CTV/Cogeco, alors que la télé généraliste est en crise? D'un autre côté, ils peuvent apporter, justement, une certaine fraîcheur dont on a bien besoin: il faut arriver à faire quelque chose de différent de tout ce qui a été essayé depuis 20 ans..." 

Les détails de l'offre n'ont pas été dévoilés. "C'est la meilleure parmi celles reçues, s'est contenté de commenter Gilles Corriveau, porte-parole de TQS. Les orientations stratégiques de l'acheteur pour la chaîne n'ont pas encore été discutées."

Maxime Rémillard, président et cofondateur de Remstar, a fait savoir que l'acquisition de TQS constituait un développement stratégique important pour l'entreprise, qui souhaite se diversifier dans l'exploitation de nouvelles plateformes de diffusion.

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