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Le retour en grâce de Marie Antoinette?

Bernardaud : pièce du service Laiterie de Rambouillet
Coussins Adèle de Lelièvre
Bougie parfumée Pierre Frey
Faux cils Make Up for Ever
parure de lit Linvosges « à l?escarpolette »

Marie-Antoinette est partout à l'honneur: expositions, mode, décoration, maquillage, nul ne peut échapper à l'image de l'infortunée souveraine.

Début 2006, Sofia Coppola avait déjà rendu hommage à la reine par un film à grand spectacle tourné à Versailles, mais quelques inepties ou lourdes fautes (Marie Antoinette en Converse sous des robes à crinoline) témoignaient de la faiblesse du film quant à son respect d'une certaine réalité historique. Mais cela n'avait pas d'importance car il était globalement tourné pour un public américain seulement soucieux d'une grande fresque divertissante. Gageons que la future exposition du printemps au Grand Palais consacrée à la reine déchue sera plus sérieuse dans son respect de l'Histoire.
Toujours est il que l'Autrichienne, dont les frasques en matière de vêtements et de décoration ont fait couler beaucoup d'encre, inspire à nouveau les créateurs et les marques en mal de nostalgie et de raffinement esthétique. A voir les derniers défilés de haute couture, on se serait effectivement cru à la Cour: l'extravagance des robes, des coiffures et du maquillage dominaient. Au quotidien et pour Madame Tout le Monde, mêmes schémas avec un engouement très net pour les postiches et les perruques (Hair Forever), les extensions de cheveux (Any d'Avray) et les faux cils (Shu Uemura et Make Up for Ever). Pour se faire une beauté, un protocole de massage qui n'est rien d'autre qu'un gommage-soin lacté au beurre de karité a même pris le nom de «Programme Marie Antoinette» au très sélect hôtel George V!
En décoration, la maison Bernardaud a remis à l'honneur le service en porcelaine de la «Laiterie de Rambouillet» dont la célèbre jatte-têtons sur trépied à sabots de chèvre. Chez Pierre Frey, outre des tissus imprimés reprenant des motifs du XVIII ème siècle, une bougie parfumée a été appelée Marie Antoinette, tandis que de nombreux créateurs de tissus d'ameublement rendent plus contemporaine leur passion pour la toile de Jouy et ses scènes galantes. De Lelièvre à Linvosges et comme Fragonard dans sa célèbre toile de l'escarpolette de la Wallace Collection de Londres, chacun y va de son badinage et de scènes de boudoir romantiques.
Espérons que le sort tragique et funeste de cette reine pipolisée avant l'heure fera réfléchir certaines personnalités politiques, elles aussi trop médiatisées. Sur des blogs concernant la future exposition sur Marie Antoinette, certains disent déjà que l'exposition sera seulement racoleuse. Mais ne serait-ce pas finalement le public lui-même qui tend à une «disneyfication» de Paris?

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