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"Coup de tonnerre" de Quebecor devant le CRTC

Pierre Karl Péladeau a fustigé hier le Fonds canadien de télévision et réitéré sa volonté de se retirer à titre de contributeur et de bénéficiaire de l'organisme de financement.

Devant le CRTC, Quebecor Média a proposé, comme en 2007, de verser une contribution de 100 millions$ sur trois ans pour la production canadienne dans le cadre de sa propre structure de financement, une somme qui serait réservée aux produits maison. Le Fonds Quebecor serait géré en partie par le CRTC. La proposition a été qualifiée de "coup de tonnerre" par Michel Morin, commissaire du CRTC.

Pierre Karl Péladeau a rappelé que Quebecor a contribué au Fonds canadien de télévision à hauteur de 15,2 millions$ pour Vidéotron et de 16,5 millions$ pour TVA en 2006. Il a par ailleurs noté que les ressources dont a bénéficié TVA ont diminué de 2 millions$, alors que celles de TFO ont, dans le même temps, augmenté de 1 million$, ce qui constitue, selon lui, une "aberration".

"Notre objectif n'est pas de nous tailler la part du lion, a-t-il souligné. En renonçant à ces fonds, nous permettons à d'autres d'en bénéficier."

Shaw Communications et Quebecor ont toutes deux fait état de l'échec du Fonds canadien de télévision hier devant le CRTC. Pour Pierre Karl Péladeau, les objectifs du Fonds n'ont pas été atteints. "Ces objectifs ont été détournés au profit de ceux des membres de son conseil d'administration," a-t-il même déclaré. 

Il a insisté sur le fait que le Fonds ignore les nouvelles plateformes de diffusion, "en pleine croissance". "Le Fonds s'est montré incapable de se renouveler et de tenir compte des productions destinées à être exploitées sur les nouvelles plateformes de diffusion, qui représentent une bouée de sauvetage."

Selon le président de Quebecor Média, la meilleure façon de stimuler la production est "de stimuler sa qualité et d'attirer les investissements privés".

"Il faut prendre des mesures radicales, simplifier le système et les obligations à l'intérieur", a quant à lui déclaré Ken Stein, vice-président aux affaires corporatives et réglementaires de Shaw. 

L'entreprise, qui avait annoncé vouloir boycotter les audiences, a finalement fait acte de présence, pour signifier son désaccord avec le système en place. Ken Stein a néanmoins assuré aux commissaires du CRTC que Shaw continuerait de contribuer au Fonds.

La revendication de Quebecor a été reçue avec circonspection par les commissaires du CRTC. Michel Morin a proposé, dans l'hypothèse où le CRTC accèderait à la demande, de convenir d'une période d'essai de deux ans, à l'issue de laquelle l'organisme se réserverait le droit de revoir l'entente. Pierre Karl Péladeau s'est dit "ouvert" à cette suggestion.

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