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Aspirateurs et sèche-mains au musée

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Le Air-Blade

James Dyson était de retour au Québec afin de présenter en personne ses nouveautés et souligner le don d'un de ses prototypes au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).

Rares sont les exemples de produits en même temps en vente dans la grande distribution et exposés dans les musées. C'est le cas de l'aspirateur Dyson, qui, en deux ans, a atteint une part de marché de 25% au Canada. Les Dyson sont déjà présents dans de nombreux musées de design, mais Diane Charbonneau conservatrice des arts décoratifs au MBAM a choisi en plus de l'objet fini, un prototype du DC24.

"Peu de musées prennent des prototypes, mais je trouve que c'est important, cela fait partie du geste créateur explique-t-elle. D'autant plus que James Dyson travaille beaucoup sur l'objet. Des prototypes, il en compte plus de 5000! L'autre point intéressant est qu'il est fait avec la méthode de prototypage rapide, une technologie de plus en plus utilisée, qui permet de concrétiser rapidement un objet dans un matériau durable."

James Dyson, toujours prudent quant au sens du mot design, relativise cette reconnaissance muséale. "C'est flatteur et un honneur, mais c'est surtout un exemple pour inspirer d'autres ingénieurs et designers. Je ne prétendrais jamais que c'est une forme d'art. Disons que c'est la bonne voie à suivre pour améliorer la vie des gens." Il ne cesse de le rappeler, le design n'est jamais un but dans la création d'un produit; la technologie et l'ingénierie sont toujours prédominants.

C'est le message unique qu'il a répété aux étudiants en design industriel venus le rencontrer. Tout ce qu'il entreprend, tous ses nouveaux projets, de l'école de design pour les scolaires au concours de sa fondation, se concentrent autour de cette pensée.

James Dyson aussi révélait les projets finalistes canadiens d'un concours où l'un d'entre eux recevra 5000$. L'élu participera aussi à la finale internationale du concours, dont le gagnant est récompensé d'une prime de 10 000 euros. Trois projets ont été retenus: un dispositif de freinage de vélo contrôlable d'une seule main qui s'adapte aux bicyclettes conventionnelles; un balai à neige sans pile ni chargeur qui utilise la chaleur générée par le mouvement de l'utilisateur (système par induction électromagnétique) et une seringue médicale rassurante pour enfants.

Côté nouveautés, les derniers Dyson sont encore plus performants, notamment le DC23 Stoaway, un ensemble de 14 petits cyclones (au lieu de 7 dans les autres modèles) et un séparateur central à trois niveaux qui assurent à eux une séparation encore plus forte et fine de l'air et de la poussière. Ce procédé est le coeur de l'invention de James Dyson, bien plus que ne l'est le système sans sac, devenu le nouveau leitmotiv de tous les fabricants d'aspirateurs. "Mon but n'était pas de créer un aspirateur sans sac, mais d'en concevoir un qui ne perdrait jamais sa force d'aspiration. Cette technologie n'appartient qu'à nous, les autres ont beau essayer, c'est ce qui nous différencie encore de tout nos concurrents."

Le DC25, lui, est un aspirateur vertical ultraléger (un peu plus de cinq kilos) ultracompact, mais qui, côté puissance, n'a rien à envier aux plus grands. Il repose sur une balle, ce qui lui confère une grande maniabilité. La balle contient le moteur, secondé par une autre, qui active la brosse. La balle change complètement la dynamique de l'objet, explique James Dyson, et il a fallu complètement revoir sa conception. "J'aime que les gens perçoivent la technologie dans l'objet. Par exemple, nous utilisons la couleur pour la souligner. Le jaune pointe les éléments importants: les séparateurs de poussière et la balle."

Avec une recherche soutenue, des brevets d'inventions chaque jour déposés, d'inlassables tests de résistance et une communication impeccable Dyson tient le haut du pavé dans le monde de l'aspirateur. Elle s'attaque maintenant, avec l'Air-Blade, au marché du sèche-mains. Avis aux curieux, l'un d'eux est maintenant installé en primeur dans les toilettes des femmes du MBAM (au troisième étage). Ce n'est pas la chaleur qui sèche les mains, mais un puissant filet d'air qui se déclenche automatiquement.

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