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Redevances pour les chaînes généralistes: CTV, Global et TQS ouvrent le bal

À deux mois des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), CTV et Global, devançant d'une semaine TQS, ont ouvert le bal en réclamant leur part du gâteau auprès des câblodistributeurs.

Les deux réseaux anglophones ont fait une demande conjointe vendredi dernier auprès du CRTC, afin de toucher les mêmes redevances que celles perçues par les chaînes spécialisées.

TQS a pour sa part déposé un mémoire en début de semaine auprès de l'organisme régulateur, en vue des audiences qui débutent le 7 avril. La chaîne propose que les entreprises de distribution versent à chaque télédiffuseur conventionnel privé francophone un tarif d'abonnement mensuel minimal de 1,50$ par abonné, qui serait indexé annuellement par le CRTC.

Les trois chaînes généralistes avaient déjà formulé cette requête à la même période en 2007, sans obtenir de réponse positive. TQS avait alors présenté un document montrant une forte baisse des revenus perçus par les télédiffuseurs de 2005 à 2007.

Ces demandes surviennent dans un contexte de crise pour TQS, qui cherche à éviter la faillite, et de réflexion quant aux modèles d'affaires des chaînes privées généralistes. 

CTV et Global disent être incapables de soutenir la compétition accrue des réseaux spécialisés, qui peuvent percevoir des redevances en plus de leurs revenus publicitaires.

"Les généralistes sont à la croisée des chemins, leurs revenus totaux ne suffisent plus à compenser le coût de production des contenus, explique Jacques Dorion, président d'Aegis Média. Global et CTV peuvent s'en remettre un catalogue de chaînes spécialisées, mais TQS est orpheline et ne survivra pas sans un apport supplémentaire."

La question des redevances est soulevée depuis la fin des années 90 par les chaînes généralistes, qui voient le fossé se creuser entre elles et les chaînes spécialisées. "Les spécialisées n'ont pas les mêmes obligations que les généralistes, dit Jacques Dorion. Elles n'ont pas à soutenir le contenu canadien. Mettre en danger les généralistes, c'est risquer de voir disparaître la production canadienne, au profit de produits américains."

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