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Maison & Objet, premières impressions

Canapé Skin design: Jean Nouvel pour Molteni
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Le rendez-vous parisien bisannuel de Maison & Objet (M&O) prouve encore que la déco est un domaine au coeur de la consommation des pays riches ou en voie de le devenir; plus de 3400 exposants (dont 400 faisant partie du salon Paris Meuble, récemment rapatrié dans le giron de M&O) ont présenté aux acheteurs et médias leurs nouveautés.

Cela signifie qu'il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, et qu'il vaut mieux savoir où l'on met les pieds avant de s'engager dans l'un des sept pavillons qui composent le salon.

Côté décoration chic et de bon goût à la française (mais pas seulement), les amateurs se dirigent vers Scènes d'Intérieurs où se trouve fabricants et éditeurs haut de gamme.

Difficile de décrypter des tendances dans cet univers où chacun revendique un style personnel. À remarquer: les meubles de l'éditeur First Time, dessinés par Éric Gizard, et ceux d'HC28 (nouvelle maison d'édition), conçus par François Champsaur, qui mêlent habilement laque et couleurs.

Du côté des éditeurs de tissus, c'est un peu plus net. Les motifs s'inspirent de l'Asie. On y retrouve de riches motifs colorés et autres dragons; cette tendance se retrouve aussi sur la vaisselle, parfois travaillée de façon contemporaine.

En design contemporain, la section Now à elle seule vaut le détour. On y retrouve certains des grands noms du design, beaucoup d'Italiens pour le meuble, au point que cela ressemble à un mini salon de Milan.

Certains des modèles présentés en avril dernier à Milan sont ici montrés dans leur forme définitive et de production, comme le très beau canapé en cuir Skin de Molteni dessiné par Jean Nouvel. Le Français Artelano joue la carte Urquiola avec des nouveautés signées par la vedette du salon, la plus Milanaise des Espagnoles: Patricia Urquiola. Baccarat, présent dans cette partie du salon, mise sur des grands noms du design pour renouveler son savoir-faire. Philippe Starck y présente une chaise bordée de cristal et un vase trompe-l'oeil.

La formule tradition-design fonctionne toujours, avec des noms comme Lladró (spécialiste espagnol de la figurine en porcelaine), qui, après avoir misé sur Jaime Hayon, table sur le Londonien Bodo Sperlein, la manufacture Reichenbach, qui poursuit sa collaboration avec Paola Navone, et Royale Tichelaar Makkum, qui réunit les noms les plus actuels du design hollandais.

La jeune maison d'édition Éno (Édition Nouveaux Objets), qui a beaucoup fait parler d'elle l'année dernière, mise toujours sur un fonctionnel efficace, mais pas ennuyeux: plateau-meule de Sébastien Bergne, mortier en marbre de Laurence Brabant, accessoires de cheminée d'Arik Levy.

Retour vers l'Asie, qui, décidément, marque ce salon; entre modernité "kawai" (mignon), comme chez Alessi, et artisanat séculaire, le Japon occupait une place importante. Là encore, le savoir-faire qui caractérise les artisans japonais passe aujourd'hui par le regard de designers qui l'actualisent. L'entreprise Yamagata Koubou, soutenue par le gouvernement japonais, en faisait la brillante démonstration.

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