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Comment Google révolutionne la gestion

Après Ford pour l'automatisation, puis Toyota pour la qualité, le modèle du XXIe siècle est Google, souligne Bernard Girard, consultant en gestion et auteur de plusieurs livres, dont "Le modèle Google", qui sera à Montréal dans un mois. "Les innovations dans la gestion de Google sont d'autant plus intéressantes que l'entreprise explore, invente des relations économiques nouvelles", écrit-il au début de son plus récent ouvrage.

Comment résumez-vous ce qui caractérise le "modèle Google"?
Il y a trois points principaux. Premièrement, une formidable confiance dans la technologie. Deuxièmement, une gestion qui repose sur le point de vue que les gens sont principalement motivés au travail par la possibilité de faire avancer leur réputation vis-à-vis de leurs pairs et par le plaisir de progresser. Enfin, tout est axé sur le fait que l'innovation n'est pas l'affaire d'un service spécialisé: elle dépend de tout le monde dans l'organisation et aussi des utilisateurs.

Vous soulignez aussi leur vision très spéciale du marketing.
Depuis leurs débuts, les dirigeants de Google font le contraire de tout le monde. Ils ne produisent aucune pub. Ils ont toujours compté sur ce qu'on appelle maintenant le marketing viral. Ils lancent plein de produits, mais ne les annoncent jamais. On l'apprend sur les blogues, de façon détournée. Amazon agit un peu de la même manière; elle vient d'ailleurs d'annoncer qu'elle ne fera plus de pub. Toute la stratégie d'affaires de Google est différente. La plupart des entreprises regardent la concurrence, puis essaient de faire mieux. Eux ne se préoccupent pas de la concurrence. Ils ne regardent pas non plus, au départ, si leurs innovations rapportent. Ils se disent: "Il faut se préoccuper d'abord des utilisateurs. S'ils sont satisfaits, la rentabilité va suivre."

On parle "modèle", mais tout cela peut-il vraiment être reproduit ailleurs, même dans des entreprises très différentes?
Regardez ce qui s'est passé avec Toyota: des entreprises, partout dans le monde, ont mis en application certains aspects de sa gestion. Pour Google, on parle beaucoup du principe du "80/20": Google permet aux gens de consacrer 20% de leur temps à développer des projets de leur cru, qui ne font pas officiellement partie de leurs tâches. Des entreprises, un peu partout, commencent à reproduire cela. J'ai retracé un restaurant, à Toulouse, qui laisse du temps à son personnel pour produire de nouvelles recettes. Et, une fois par mois, on propose des éléments de ce "menu expérimental" que les clients peuvent goûter et commenter. Le modèle Google a aussi un impact sur la multiplication des produits. Tout va beaucoup plus vite. On peut être sûr que Microsoft regarde tout ça de près, puis va peut-être vouloir agir pareillement. Facebook constitue un autre exemple: ils ont poussé le modèle Google un pas plus loin.

Bernard Girard sera l'un des conférenciers-vedettes de la Journée Infopresse360, intitulée: "Les nouveaux modèles d'affaires: comment bâtir des concepts d'affaires participatifs". La Journée-conférences, qui se tiendra à Montréal le 27 février prochain, permettra aussi d'entendre James Surowiecki, auteur du best-seller The Wisdom of Crowds et journaliste au New Yorker. Pour plus d'information ou pour vous inscrire, cliquez ici.

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