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Décision du CRTC: trop peu, trop tard

La nouvelle réglementation adoptée par le CRTC dans le but de limiter la concentration des médias au Québec reçoit un accueil mitigé des agences de placement médias et des annonceurs.

"On ramasse les pots cassés, dit Pierre Delagrave, président de Cossette Média. Les nouvelles règles sont bienvenues, après 10 ans de laisser-aller qui ont permis une concentration plus élevée au Québec que dans les autres pays occidentaux. Mais il est probablement trop tard."

La réglementation prévoit notamment qu'un groupe médiatique ne pourra désormais contrôler plus de deux types de médias dans un même marché et 45% de l'ensemble de l'auditoire télévisuel à la suite d'une transaction.

"Comme entreprise de placement médias, nous privilégions la diversité, dit Pierre Delagrave. Quand on arrive à un seuil de 45%, ce n'est plus possible. Idéalement, il aurait fallu que la limite ne dépasse pas 40%." 

Alain Desormiers, de Touché!phd considère quant à lui la nouvelle réglementation comme une bonne nouvelle pour les annonceurs. "Moins il y a de concentration, plus ça donne de pouvoir aux annonceurs, qui préfèrent avoir accès à une multitude d'offres."

Même s'il reconnaît que la concentration médiatique permet de proposer "des offres convergentes", Alain Desormiers pense que le phénomène réduit la marge de négociation des annonceurs.

Même son de cloche du côté de l'Association canadienne des annonceurs (ACA), qui accueille la nouvelle réglementation avec satisfaction, mais relativise sa portée. "Nous sommes rassurés de cette décision, le CRTC ne fait que confirmer la limite des 45% prévue par la loi sur la concurrence", dit Paul Hétu, vice-président de l'ACA.

La montée du marché représenté par Internet limite par ailleurs la portée des mesures adoptées par le CRTC. "La décision tient compte de la réalité actuelle, mais dans les cinq prochaines années, Internet va changer la donne", dit Alain Desormiers.

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