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Fin de la pub à la télé publique française: l'industrie réagit

La déclaration du président français Nicolas Sarkozy il y a deux jours annonçant que la publicité pourrait être bannie des chaînes publiques de l'Hexagone, a déclenché de nombreuses réactions des publicitaires, en plus de faire monter les titres boursiers des télévisions privées.

Nicolas Sarkozy a dit souhaiter que "l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile".

Le groupe de chaînes publiques France Télévisions, dont les principales chaînes sont France 2 et France 3, est financé à 60% par la redevance et à 40% par la publicité, ce qui représente 800 millions d'euros chaque année.

Hier, les médias français faisaient part des réactions de l'industrie des médias et de la publicité.

Maurice Lévy, PDG de Publicis, estime que de ne plus avoir accès à la télévision publique pourrait handicaper un marché qui propose une offre insuffisante, notamment en médias audiovisuels, rapportait le magazine Stratégies. Le dirigeant a toutefois affirmé que la croissance globale du marché publicitaire français serait soutenue par l'explosion d'Internet en France.

De son côté, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, se dit heureux de voir le mode de financement de la télévision publique clarifié. Il ajoute que la vision de Nicolas Sarkozy "valide notre stratégie éditoriale. Elle va permettre de renforcer encore l'identité du service public, en confortant le travail mené depuis deux ans et que nous souhaitons amplifier".

Finalement, le groupe d'achat médias Aegis Media France note que: "La réduction de l'offre publicitaire disponible alors que le taux de remplissage des chaînes privées est de 90% (constaté par Aegis Media Expert en 2007) risque d'induire un renchérissement tarifaire important du média TV accentué par la taxe sur les autres chaînes et les médias digitaux". Le groupe estime toutefois que les fonds dégagés pourraient bénéficier aux autres médias.

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